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Étoile filante

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Prendre le temps de vivre et profiter des petites choses de la vie : c’est ce que j’aime le plus faire avec toi.

Même s’il était rendu 20h30, qu’il était passé l’heure de te mettre au lit et que j’étais très fatiguée, j’ai sauté sur l’occasion lorsque tu m’as proposée de sortir dehors avec nos doudous pour aller regarder les étoiles.

La lune, quasiment pleine, nous éclairait de pleins feux, sans se soucier des étoiles, qui abondaient dans le ciel.

Puis, tu m’as demandé ce que c’est, qu’une étoile filante.
J’ai eu le coeur gros.
Une étoile filante, c’est une petite boule de feu, qui se déplace rapidement dans le ciel.
Une étoile filante, pour les gens de mon âge, c’est aussi la définition de quelqu’un qui est de passage dans une vie.

Tout va vite, tu sais? Les gens arrivent, puis repartent sans qu’on s’en aperçoive, sans qu’on ait pris le temps de profiter des petites choses de la vie en leur compagnie.

Après t’avoir expliqué ça, j’ai eu envie de te remercier d’être mon étoile filante.
Mais, en te voyant collée sur moi, enroulée dans ta doudou, admirant le ciel, un lundi soir comme tous les autres, je t’ai plutôt remerciée d’être ma lune : toujours présente à mes côtés pour me rappeler à quel point c’est magnifique, la vie.

Si ce soir t’as envie de rester avec moi, la nuit est douce, on peut marcher. Et, même si on sait bien que tout ne dure rien qu’un temps, j’aimerais ça que tu sois, pour un moment, mon étoile filante…

Funambule

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Je reviens tout juste d’une semaine au loin sans WiFi, sans LTE, sans télé; juste un faible 3G quand on est chanceux. Ça a fait du bien. On ne prend pas assez souvent le temps de prendre notre temps.

J’ai passé plusieurs heures à fixer l’eau. Elle m’aide énormément à me ressourcer. J’ai réalisé que j’avais beaucoup de chemin de fait depuis l’été dernier. J’ai réalisé que j’étais heureuse, que j’étais bien avec moi-même et que je m’aime, aussi.

Ça semble banal. Essayez-le tout de même. Allez face à un lac, une rivière, un fleuve ou, encore mieux, l’océan. Restez là quelques minutes sans téléphone, sans amis, sans livre ni musique et demandez-vous si vous êtes bien.

Ayant grandi au bord de l’eau et ayant vécu quelque temps sur la côte ouest, j’ai souvent fait l’exercice. La semaine dernière, ça a été positif pour la première fois.

J’ai réalisé que tout est une question d’équilibre. Le bonheur dépend de l’équilibre de nos priorités. On oublie facilement et trop souvent ce qui devrait être numéro un sur notre liste. On met de l’avant notre travail parce qu’il est payant et gratifiant et on en oublie notre famille, nos amis et nous-mêmes.

Ce qui est beau, avec la vie, c’est qu’elle balance le tout à sa façon.

Au cours de la dernière année, j’ai perdu des emplois, j’ai laissé tomber des projets sur lesquels je m’acharnais sans raison, j’ai « tassé » des gens de ma vie parce qu’ils étaient toxiques. À ce moment, j’étais dans une énorme tempête et je n’en voyais plus le bout.

Quand je repense à tout ça, je me dis que c’est absolument merveilleux. Je remercie même la vie de m’avoir noyée à ce point pendant aussi longtemps. Je n’ai jamais aussi bien nagé.

C’est là que l’équilibre embarque. C’est là que tout se balance et que la vie prend son sens.

C’est là qu’on devient la personne qu’on a toujours voulu être.

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Extrait – Victoria

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J’ai décidé de vous gâter un peu, ce soir. Je flotte sur un très, très gros nuage depuis quelques temps : mon livre sera publié dans exactement 21 jours! Ça fait environ 17 ans que je rêve de publier un livre. Vous comprendrez donc la raison de mon nuage! J’ai envie de vous embarquer avec moi, sur ce nuage, pendant quelques instants. Il reste 3 semaines avant que je puisse enfin tenir mon bébé entre mes mains. Je vais tout de même vous partager un extrait.

Sachez, tout d’abord, que le livre s’intitule Victoria. Il raconte l’histoire de mon aînée. Au cours des dernières années, j’ai compris que rien arrive pour rien dans une vie. Chaque détail a une raison d’être, chaque personne que l’on rencontre effectue un passage dans notre vie pour une raison précise. On a beau projeter sa vie d’une certaine façon, elle risque fort bien d’être totalement différente. Parfois, c’est pour le mieux. En ces temps-là, il suffit simplement de sourire et de dire « merci, la vie! ».

 

Ce que j’aime le plus des aéroports, c’est le moment où les portes principales s’ouvrent. J’adore recevoir une bouffée d’air frais de la ville dans laquelle j’arrive.

Mon vol Philadelphie – San Diego a eu beaucoup de retard. Je suis fatiguée, j’ai faim et j’ai hâte d’aller me coucher. Je descends au rez-de-chaussée de l’aéroport pour récupérer ma valise et je me dirige ensuite vers la sortie pour vivre mon moment préféré. J’aime déjà cette ville, seulement d’après son odeur. Des dizaines de palmiers entourent l’aire de stationnement des taxis. Ces arbres m’ont toujours fascinée et j’en vois pour la première fois. Je prends tout mon temps pour les admirer. La ville brille d’un bleu incroyable, on dirait que l’océan se reflète sur les immeubles au loin.

Je prends un taxi pour aller à l’hôtel, puis je termine la soirée par un petit repas de restauration rapide. Avant de me coucher, je prends le temps d’ouvrir ma fenêtre de chambre pour remplir mes poumons de l’air salé de San Diego, sachant très bien que de la neige tombe sur la ville de Montréal au même moment.

Le lendemain matin, je me réveille au son de la vie du sud de la Californie. Les trolleys, les autobus, les stations mobiles de café en plus du gros soleil étincelant et de la brise de l’océan forment, tous ensemble, le meilleur des réveille-matin que la vie puisse offrir. J’ai la journée devant moi et je me sens au paradis. J’ai beaucoup lu sur San Diego avant d’y arriver et s’il y a une place où je dois aller, c’est Coronado Island. Je me prends donc un café et un muffin au café, au coin de West Broadway et Columbia, puis je prends un taxi pour me rendre à Coronado.

Le Coronado Bridge est un des plus beaux ponts au monde. Il est très haut pour permettre aux paquebots de passer dessous. Il est bleu ciel et il offre une vue magnifique, autant sur San Diego que sur Coronado. En arrivant sur l’île, le chauffeur me demande où je veux aller exactement. Je n’en ai aucune idée, alors je lui demande de me laisser au Starbucks le plus près, qui est sur Orange Avenue, l’avenue principale de l’île.

Voilà, à bientôt!

Ça y est!

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Ça y est, les filles : on est arrivées.

Ça fait deux ans qu’on essaie de s’adapter au fait que vous n’avez que 13 mois de différence, que vous n’êtes jamais au même stade en même temps, que vous tentez toutes deux de vous exprimer à votre façon, sans toujours vous faire comprendre, et que je ne suis pas une maman parfaite.

J’essaie constamment, de répondre à vos besoins du mieux que je le peux. Quand quelque chose me tracasse à votre sujet, je fouille dans les livres, sur les forums, j’appelle vos grands-mamans, je demande à votre éducatrice… Je cherche toujours à avoir la meilleure solution. Peut-être parce que je n’aime pas faire des erreurs. Peut-être aussi parce que je vous aime tellement, que je n’exige rien de moins que de la perfection envers vous.

Comme tous les parents, je souhaite ce qu’il y a de mieux pour mes enfants. Et, comme tous les parents, j’ai tendance à aller chercher mes réponses à 1001 endroits au lieu d’aller voir le sujet concerné.

Les dernières semaines vous ont ébranlées, je le sais bien. J’ai tout fait pour cacher le stress immense que je vivais mais, vous êtes des éponges à émotions : vous ressentez tout, tout le temps.

Victoria, quand tu t’es mise à avoir peur du noir, des dinosaures, des loups et des sorcières, il y a un mois, j’ai fouillé Google en entier. Résultat : tout à fait normal, d’avoir des peurs, à trois ans. Fine, then. 

Sofia, quand tu t’es mise à dormir sur le seuil de ta porte de chambre pendant des nuits entières (même si je te replaçais au chaud, dans ton lit, jusqu’à 50 fois par nuit), j’ai fouillé assez pour en déduire que ton matelas ne devait plus te convenir… Quand tu te fâchais après tout et rien plusieurs fois par jour, je me disais que c’était ton terrible two et j’ignorais tes crises.

Samedi dernier, vous nous avez finalement fait comprendre la variable manquante à notre recette du bonheur et de nuits paisibles. Samedi dernier, vous nous avez dit que vous vouliez faire dodo dans la même chambre. Aussi simple que ça. Si seulement vous aviez pu l’exprimer plus tôt.

Vous n’avez jamais aussi bien dormi que depuis samedi. Vous semblez récupérer des semaines entières de mauvais sommeil.

Si vous saviez comme on vous trouve adorables quand vous vous parlez tout bas le matin, en vous réveillant. Vous êtes tellement fières de dormir dans la même chambre et de pouvoir tout partager, ça me touche beaucoup…

J’avais hâte qu’on arrive ensemble à un climat plus calme. J’avais hâte que tes crises finissent, Sofia. J’avais hâte que tu dormes comme tu le devrais. J’avais hâte que tu comprennes que les dinosaures n’existent plus, Victoria, et que le noir te permet de voir les étoiles briller, la nuit. J’avais hâte de pouvoir dormir de 21h à 6h et me réveiller seulement par réflexe. J’aurais dû vous écouter plus tôt, au lieu de fouiller…

On y est enfin arrivées, les filles!

Vendredi 13

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(Premièrement, vous m’excuserez de vous avoir quelque peu délaissés dernièrement. La vie a décidé de me remettre sur le chemin du bonheur depuis quelques jours, un chemin parsemé de trèfles à quatre feuilles.)

Je vous ai parlé dernièrement de l’ange de ma fille, Sofia. En fait, je crois sincèrement que nous avons tous un ange, qu’il soit sur terre à nos côtés ou au ciel à nous regarder. Mon ange, il a été à mes côtés jusqu’au 29 avril 2003, après quoi il a continué de me guider du haut de son petit paradis.

À 12 ans, lorsque ma grand-maman s’est envolée, j’ai eu beaucoup de difficulté à l’accepter. Je ne parle que très rarement d’elle puisque je deviens rapidement émue. Elle s’appelait Marie-Adèle, mais tout le monde la surnommait Adèle. Elle était magnifique, elle rayonnait, souriait toujours et adorait le mauve.

Cinq ans après son décès, je me suis fait tatouée son nom avec sa fleur préférée : une rose mauve. Lorsque Victoria est née, je lui ai donné Adèle comme deuxième prénom. Trois ans plus tard, Victoria Adèle est le sosie de son arrière-grand-mère, physiquement autant que psychologiquement. Elle a les cheveux qui frisent, elle rayonne, elle sourit toujours et ne vie que pour le mauve et les belles choses.

Dernièrement, j’ai réalisé que, même si elle n’était plus à mes côtés, ma grand-maman était toujours restée près de moi. Des fois, ces anges nous donnent des signes. Suffit simplement de les voir…

Les derniers 18 mois ont été des plus difficiles. Je ne saurai jamais si j’ai frôlé la dépression ou si je nageais en plein dedans. Durant la périodes des fêtes, j’ai beaucoup parlé à ma grand-maman, la suppliant de ne pas me laisser tomber, de m’aider à voir les étoiles briller encore.

Puis, 2015 est arrivée : j’ai envoyé mon manuscrit en édition et j’ai reçu une réponse positive un mois plus tard. Ce n’était que le début, en fait. J’ai signé le contrat avec mon éditeur et mon livre sera publié le 10 avril 2015, juste à temps pour le Salon du livre de Québec, où je serai. Je serai aussi au Salon du livre de Montréal, en novembre puis, à celui de Trois-Rivières, en mars 2016. Déjà sur un nuage, j’ai appris que ce n’était pas tout : j’ai réussi à décrocher un emploi qui saura me rendre heureuse, tout en ne compromettant pas mon besoin d’écrire, ni mes enfants.

J’ai aussi commencé l’écriture d’un roman, moi qui me croyais incapable d’en écrire un!

En me rendant chez l’allergologue avec Sofia, la semaine dernière, alors que mon iPod décidait lui-même de quelle chanson devait jouer, j’ai été complètement bouleversée d’entendre les paroles suivantes :

Elle espère qu’à un moment donné, elle pourra lever le voile sur ces sombres années et, enfin, revoir les étoiles.
Elle dit que la solitude, c’est quelque chose d’assez déprimant, que ça devient une habitude mais, qu’on ne s’y fait jamais vraiment.
Si les étoiles reviennent, je te jure que je te les décroche. Pour apaiser ta peine, j’en glisserai une dans ta poche.
En attendant, dors bien, on se reparle demain…

Hannah – Cowboys Fringants

Je crois que quelque part, dans la nuit du 31 décembre 2014 au 1er janvier 2015, ma grand-maman est venue déposer une étoile dans ma poche. Après tout, les étoiles ne peuvent pas briller sans la noirceur…

 

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