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Ça y est!

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Ça y est, les filles : on est arrivées.

Ça fait deux ans qu’on essaie de s’adapter au fait que vous n’avez que 13 mois de différence, que vous n’êtes jamais au même stade en même temps, que vous tentez toutes deux de vous exprimer à votre façon, sans toujours vous faire comprendre, et que je ne suis pas une maman parfaite.

J’essaie constamment, de répondre à vos besoins du mieux que je le peux. Quand quelque chose me tracasse à votre sujet, je fouille dans les livres, sur les forums, j’appelle vos grands-mamans, je demande à votre éducatrice… Je cherche toujours à avoir la meilleure solution. Peut-être parce que je n’aime pas faire des erreurs. Peut-être aussi parce que je vous aime tellement, que je n’exige rien de moins que de la perfection envers vous.

Comme tous les parents, je souhaite ce qu’il y a de mieux pour mes enfants. Et, comme tous les parents, j’ai tendance à aller chercher mes réponses à 1001 endroits au lieu d’aller voir le sujet concerné.

Les dernières semaines vous ont ébranlées, je le sais bien. J’ai tout fait pour cacher le stress immense que je vivais mais, vous êtes des éponges à émotions : vous ressentez tout, tout le temps.

Victoria, quand tu t’es mise à avoir peur du noir, des dinosaures, des loups et des sorcières, il y a un mois, j’ai fouillé Google en entier. Résultat : tout à fait normal, d’avoir des peurs, à trois ans. Fine, then. 

Sofia, quand tu t’es mise à dormir sur le seuil de ta porte de chambre pendant des nuits entières (même si je te replaçais au chaud, dans ton lit, jusqu’à 50 fois par nuit), j’ai fouillé assez pour en déduire que ton matelas ne devait plus te convenir… Quand tu te fâchais après tout et rien plusieurs fois par jour, je me disais que c’était ton terrible two et j’ignorais tes crises.

Samedi dernier, vous nous avez finalement fait comprendre la variable manquante à notre recette du bonheur et de nuits paisibles. Samedi dernier, vous nous avez dit que vous vouliez faire dodo dans la même chambre. Aussi simple que ça. Si seulement vous aviez pu l’exprimer plus tôt.

Vous n’avez jamais aussi bien dormi que depuis samedi. Vous semblez récupérer des semaines entières de mauvais sommeil.

Si vous saviez comme on vous trouve adorables quand vous vous parlez tout bas le matin, en vous réveillant. Vous êtes tellement fières de dormir dans la même chambre et de pouvoir tout partager, ça me touche beaucoup…

J’avais hâte qu’on arrive ensemble à un climat plus calme. J’avais hâte que tes crises finissent, Sofia. J’avais hâte que tu dormes comme tu le devrais. J’avais hâte que tu comprennes que les dinosaures n’existent plus, Victoria, et que le noir te permet de voir les étoiles briller, la nuit. J’avais hâte de pouvoir dormir de 21h à 6h et me réveiller seulement par réflexe. J’aurais dû vous écouter plus tôt, au lieu de fouiller…

On y est enfin arrivées, les filles!

L’ange Hélène

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Vous aurez probablement remarqué que j’ai été plutôt discrète, voir même absente, depuis mercredi. Bien que j’aie plusieurs sujets qui ne demandent qu’à être élaborés et expliqués sur une page blanche, je suis pourtant bloquée depuis jeudi soir. J’ai l’impression que je ne serai pas en mesure d’écrire quoi que ce soit tant que je n’aurai pas écrit ce qui suit…

Jeudi matin, je suis allée reconduire mes filles à leur garderie pour me permettre d’envoyer mon manuscrit en édition. J’avais tellement hâte de vous annoncer que c’était finalement fait!

À 13h15, j’étais debout au comptoir de la cuisine, incapable de rester assise tellement j’étais excitée! J’avais déjà deux copies d’envoyées. Puis, mon téléphone a sonné. Quand on a un enfant allergique à tout énormément d’aliments, voir le numéro du CPE apparaître sur l’afficheur déclenche toujours un léger stress. Avant-hier, j’ai eu raison de stresser…

Le visage à Sofia était devenu rouge après le dîner. Son ange éducatrice, Hélène, ne l’a donc plus lâchée du regard. En voulant la coucher, à l’heure de la sieste, elle a remarqué que mon bébé se grattait l’intérieur de la bouche. Elle l’a amenée avec elle, dans un bureau à part afin de l’observer attentivement. Avec ma permission, elle lui a administré de l’antihistaminique.

Hélène m’a rappelée quelques minutes plus tard : Sofia tentait de se gratter le fond de la gorge avec des objets, en plus de jouer avec ses oreilles sans cesse. Il fallait sûrement lui injecter une dose d’épinéphrine. Pourtant toujours dans le doute, je lui ai dit d’appeler Info-Santé avant et de ne pas hésiter à la piquer s’il le fallait…

En attendant son appel, je suis allée dans ma chambre, regarder par la fenêtre. Je ne sais même pas s’il faisait soleil ou s’il neigeait. Je regardais sans voir. Je ne faisais que penser à mon bébé…

À 14h01, Hélène m’a appelée pour me dire qu’elle venait d’injecter la dose d’épinéphrine à Sofia et que le propriétaire de la garderie avait appelé l’ambulance…

L’ambulancier, les deux médecins que nous avons consultés à l’hôpital, ainsi que les deux infirmiers m’ont confirmé qu’il fallait absolument la piquer et que ça avait certainement été fait juste à temps. En jouant avec ses oreilles, Sofia essayait de les déboucher ; l’air commençait à avoir de la difficulté à circuler…

La nuit qui a suivi cet épisode a été blanche, vous me croirez bien. Je l’ai déjà mentionné auparavant (cliquez ici), Sofia a toujours su me faire peur. Mais, jeudi, ça a atteint des sommets.

Hier, j’ai pris le temps d’aller à la garderie, voir l’ange Hélène et pleurer dans ses bras. Durant toute la nuit qui venait de passer, j’avais eu le temps de réfléchir et de comprendre certaines choses… Si Hélène n’avait pas été plus attentionnée qu’il le faut, si elle n’avait pas remarqué que Sofia avait commencé à se gratter la gorge en la couchant, j’aurais probablement, même certainement, perdu mon bébé durant son sommeil ce jour-là…

On sous-estime parfois le travail des éducatrices. C’est dans des moments comme celui-ci, qu’on se rend compte qu’elles ne font pas seulement que garder nos enfants. Elles leur sauvent la vie, des fois…

J’ai vraiment compris, avant-hier, qu’on ne connait pas la peur tant qu’on n’a pas d’enfants.

Je vous souhaite tous, un jour ou l’autre, d’avoir, à vos côtés, votre propre ange Hélène.

« J’aurai toujours peur de te voir t’en aller… »

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Avant même qu’elle ne vienne au monde, ma Sofia trouvait déjà le moyen de me faire peur : un soir, à quelques jours de son arrivée, j’ai passé plusieurs heures à  me demander si elle bougeait encore dans mon ventre.

Elle est née le soir du 11 décembre 2012. Ce soir-là, j’ai failli la perdre avant même de la voir…

Puis, les crises monstres ont commencé. À quatorze mois, une grave allergie au lait a été confirmée. Six mois plus tard, cinq allergies de plus se sont ajoutées. Trois mois plus tard, sept autres ont joint la liste.

Sofia a eu deux ans, il y a trois semaines. Elle a encore les même grosses joues et me semble encore si petite.

Je la prend encore dans mes bras pour descendre les marches, je l’habille encore de la tête aux pieds à tous les matins, je lui donne encore un biberon de lait chaud à tous les soirs, je la berce encore, au beau milieu de la nuit, lorsqu’elle fait un mauvais rêve.

Je ne sais pas si c’est son bas âge, ses allergies, ses joues ou simplement le fait que j’ai déjà passé si près de la perdre, mais j’ai l’impression que je ne pourrai jamais la laisser « voler de ses propres ailes ». Bien sûr, elle n’a que deux ans, mais il y a tellement d’étapes que je crains.

J’aurais envie de passer ma vie (ou la sienne) à tenir sa petite main dodue, afin de l’accompagner à tous les niveaux qu’elle atteindra. J’aimerais être là pour la protéger de tout, mais encore plus de tous.

Quand je m’arrête quelques instants pour y penser, je constate qu’elle est si forte, au fond. C’est moi, qui est faible. Elle s’est, à travers toutes les épreuves auxquelles elle a déjà fait face, créée une force de caractère incroyable malgré son âge et sa toute petite taille.

Elle est brillante, elle est forte, elle est drôle et remplie de vie. Elle est mon bébé, mais j’ai l’impression qu’elle le sera toujours.

Ça aussi, ça me fait peur…

Au-dessus des nuages ou au-dessus de ses peurs

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J’ai toujours aimé prendre l’avion. J’ai toujours aimé le feeling qu’on a lorsque l’avion décolle, comme si on devenait aussi léger qu’une plume tout d’un coup. J’ai toujours aimé le son des hélices, le fait que dans les airs, nous sommes au-dessus de tout, même du temps. J’ai toujours aimé la vue qu’on a d’un avion, spécialement de nuit.

Montréal est une ville magnifique. Du haut des airs, c’est la plus belle au monde, juré. J’ai toujours aimé le son des freins qui crispent sur la piste d’atterrissage et le fait que je n’ai rien d’autre à faire que de remplir des pages blanches de mots qui hantent mes pensées.

J’ai toujours aimé prendre l’avion. Mon frère, mon meilleur ami, est pilote. Je connais le domaine et j’ai une confiance extrême en ces gens qui nous amènent où bon nous semble.

J’ai toujours aimé prendre l’avion… Jusqu’à aujourd’hui.

La vue est toujours aussi belle, nous sommes toujours aussi légers, j’ai encore confiance en la majorité des pilotes de ce monde. Ce qui change aujourd’hui, c’est que c’est mon premier vol en 5 ans. Il y a 5 ans, je décollais et je ne laissais rien derrière. Je volais au dessus des villes et des océans avec tout ce dont j’avais de besoin dans ma valise.

Aujourd’hui, je survole les nuages en laissant deux énormes parties de moi au sol. Ces parties dorment encore à cette heure. Elles sont emmitouflées dans leurs doudous, elles rêvent de Disney et de verres remplis de lait chaud. Elles n’ont aucune idée de ce qu’elles me font. Elles ne savent rien du fait que j’ai désormais peur de mourir. En fait, c’est faux. Je n’ai pas peur de mourir, on mourra tous un jour. J’ai peur de ne plus les voir. Ces deux parties, elles ont changé ma vie lors de leur entrée dans celle-ci. Elles n’en ont aucune idée. Je n’ai jamais eu peur de quoique ce soit, je n’ai jamais craint quoique ce soit… Jusqu’à ce qu’elles arrivent dans ma vie, jusqu’à ce qu’elles deviennent ma raison de vivre…