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Dommages collatéraux

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Ça fera deux semaines demain que Sofia s’est rendue à l’hôpital en ambulance à cause de sa réaction allergique. Ça a pris deux jours, puis on en est revenus. La principale concernée ne s’en rappelle probablement même pas. Pour notre part, on a simplement quadruplé de vigilance, même si on doublait déjà de vigilance depuis des mois.

Tout le monde semble s’en être bien remis. Tout le monde, sauf une toute petite personne : la soeur de Sofia. Il faut comprendre ici que Sofia est quelqu’un de très, très indépendant. Elle aime être seule et faire ses trucs sans être dérangée.Victoria, de son côté, est très émotive et a besoin de gens alentour d’elle. De toutes les personnes dont elle a le plus besoin, sa maman (moi-même, en fait!) arrive au-dessus du premier rang.

Victoria a toujours été très, très dépendante de moi. Quand elle avait six mois, on me disait que ça passerait lorsqu’elle marcherait, puis on m’a dit que ça passerait à l’arriver de sa soeur, puis lorsqu’elle parlerait plus, puis lorsqu’elle se ferait des amis… Finalement, ça fait trois ans qu’elle est constamment après moi. Ça ne me dérange pas, j’aime ça. J’aime beaucoup profiter de mes petits moments avec elle.

Même avec les particularités de Sofia, Victoria n’avait jamais été mise de côté, jamais. Elle nous a toujours accompagnées, Sofia et moi, chez l’allergologue et chez le médecin.

Par contre, il y a deux semaines, lorsqu’elle s’est réveillée après sa sieste d’après-midi, ma petite reine a rapidement remarqué l’absence de sa soeur. L’ange Hélène a su la rassurer. Puis, papa est allé la chercher pour la ramener à la maison et là, elle s’est vraiment demandée ce qui se passait. Bien sûr, sur le coup, ça allait. Elle était contente de venir chercher maman et Sofia à l’hôpital avec papa, plus tard en soirée, et elle était très heureuse de rester à la maison le lendemain pour jouer tranquillement avec sa soeur et son chien. C’est depuis la fin de la semaine passée qu’elle semble plus anxieuse.

Elle a de la difficulté à s’endormir l’après-midi et le soir. Elle se met en colère monstre pour des choses très, très banales. Elle s’agrippe après ma jambe lorsque je marche et me donne ainsi l’impression de traîner un boulet. Elle me l’a dit : elle a peur que je parte avec Sofia et que je la laisse seule.

J’ai toujours craint le moment où je devrais donner plus d’attention à Sofia qu’à Victoria, puisque je connais très bien leur caractère. Ça me brise vraiment le coeur. J’aimerais pouvoir me séparer en deux parties bien égales et leur donner chacune 100% de ces deux parties…

I know that you will have to fall, I can’t hide you from it all but, take the best of what I’ve got and you know, no matter what, before you walk away, you know you can run back to my arms and they will hold you down.

::. Run – P!nk

La force d’un lien

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Ça fait quand même deux ans et des poussières, que je ne suis plus enceinte de ma princesse Sofia, ainsi que trois ans et deux mois que je ne porte plus ma reine Victoria. Je reste tout de même fascinée par le lien qu’une mère peut créer avec son enfant en l’ayant en elle et l’influence qu’elle peut avoir sur lui/elle.

Je parle, bien entendu, par expérience…

Lors de ma première grossesse, j’ai dû arrêter de travailler durant un mois au début du deuxième trimestre (donc entre quatre et cinq mois). Je trouvais souvent le temps long, mais j’aimais me réfugier dans un bon film. Corpse Bride revenait régulièrement à l’affiche, dans mon salon. Durant ce mois, je l’ai probablement regardé plus de dix fois. J’avais toujours envie de le voir et je ne m’en lassais pas. Pendant le solo de piano de Victor, au début, je fermais mes yeux pour profiter pleinement de cette belle musique.

(Regardez la vidéo de cette scène sur YouTube. Qu’on aime le piano ou non, c’est merveilleux : https://www.youtube.com/watch?v=yOCZ5K1vxCQ)

À 20 semaines, j’ai appris que j’avais une petite fille en moi. Ce fût immédiat : elle allait s’appeler Victoria, comme dans Corpse Bride.

Ma folie pour mon film macabre s’est estompée puis, alors que Victoria avait quatorze mois, que nous étions seules à la maison et qu’il faisait bien trop froid dehors pour aller jouer, j’ai fait jouer mon film. Dans son pyjama à pattes jaunes avec des singes, ma petite reine a écouté ce film au complet pour la première fois sans bouger une seule seconde.

Au fil du temps, bien que je n’aime pas qu’elle regarde trop la télévision, ce qui était autrefois mon film est devenu son film. Quand je veux lui faire plaisir ou que je veux avoir un peu de tranquillité, je fais jouer Corpse Bride. Elle l’appelle « mon film avec le piano ». Sa soeur l’appelle « le film à ma soeur ». Je ne sais pas si ce sont les images, les couleurs, la musique ou les chansons, mais elle est absolument obnubilée. En plus, elle est très contente de savoir qu’une belle madame s’appelle Victoria, comme elle. Ce que j’aime le plus dans toute cette coïncidence, c’est qu’elle est d’elle même tombé en amour avec ce chef d’oeuvre de Tim Burton. J’aurais pensé qu’elle aurait eu le coup de foudre pour Le roi lion ou La petite sirène, bien avant un film dans lequel un homme épouse une femme morte.

Mais, vous savez le plus beau là-dedans? C’est que lorsqu’elle est devant son film et que le fameux solo de piano commence, tout semble disparaître autour d’elle. Je la sens transportée par chaque note.

Même que, parfois, pendant cette minute et demie, je la vois fermer les yeux et s’abandonner au son de la musique…