Archives par mot-clé : enfant

L’ange Hélène

5e609740d59ffb2ca87ecda2224b39d7

Vous aurez probablement remarqué que j’ai été plutôt discrète, voir même absente, depuis mercredi. Bien que j’aie plusieurs sujets qui ne demandent qu’à être élaborés et expliqués sur une page blanche, je suis pourtant bloquée depuis jeudi soir. J’ai l’impression que je ne serai pas en mesure d’écrire quoi que ce soit tant que je n’aurai pas écrit ce qui suit…

Jeudi matin, je suis allée reconduire mes filles à leur garderie pour me permettre d’envoyer mon manuscrit en édition. J’avais tellement hâte de vous annoncer que c’était finalement fait!

À 13h15, j’étais debout au comptoir de la cuisine, incapable de rester assise tellement j’étais excitée! J’avais déjà deux copies d’envoyées. Puis, mon téléphone a sonné. Quand on a un enfant allergique à tout énormément d’aliments, voir le numéro du CPE apparaître sur l’afficheur déclenche toujours un léger stress. Avant-hier, j’ai eu raison de stresser…

Le visage à Sofia était devenu rouge après le dîner. Son ange éducatrice, Hélène, ne l’a donc plus lâchée du regard. En voulant la coucher, à l’heure de la sieste, elle a remarqué que mon bébé se grattait l’intérieur de la bouche. Elle l’a amenée avec elle, dans un bureau à part afin de l’observer attentivement. Avec ma permission, elle lui a administré de l’antihistaminique.

Hélène m’a rappelée quelques minutes plus tard : Sofia tentait de se gratter le fond de la gorge avec des objets, en plus de jouer avec ses oreilles sans cesse. Il fallait sûrement lui injecter une dose d’épinéphrine. Pourtant toujours dans le doute, je lui ai dit d’appeler Info-Santé avant et de ne pas hésiter à la piquer s’il le fallait…

En attendant son appel, je suis allée dans ma chambre, regarder par la fenêtre. Je ne sais même pas s’il faisait soleil ou s’il neigeait. Je regardais sans voir. Je ne faisais que penser à mon bébé…

À 14h01, Hélène m’a appelée pour me dire qu’elle venait d’injecter la dose d’épinéphrine à Sofia et que le propriétaire de la garderie avait appelé l’ambulance…

L’ambulancier, les deux médecins que nous avons consultés à l’hôpital, ainsi que les deux infirmiers m’ont confirmé qu’il fallait absolument la piquer et que ça avait certainement été fait juste à temps. En jouant avec ses oreilles, Sofia essayait de les déboucher ; l’air commençait à avoir de la difficulté à circuler…

La nuit qui a suivi cet épisode a été blanche, vous me croirez bien. Je l’ai déjà mentionné auparavant (cliquez ici), Sofia a toujours su me faire peur. Mais, jeudi, ça a atteint des sommets.

Hier, j’ai pris le temps d’aller à la garderie, voir l’ange Hélène et pleurer dans ses bras. Durant toute la nuit qui venait de passer, j’avais eu le temps de réfléchir et de comprendre certaines choses… Si Hélène n’avait pas été plus attentionnée qu’il le faut, si elle n’avait pas remarqué que Sofia avait commencé à se gratter la gorge en la couchant, j’aurais probablement, même certainement, perdu mon bébé durant son sommeil ce jour-là…

On sous-estime parfois le travail des éducatrices. C’est dans des moments comme celui-ci, qu’on se rend compte qu’elles ne font pas seulement que garder nos enfants. Elles leur sauvent la vie, des fois…

J’ai vraiment compris, avant-hier, qu’on ne connait pas la peur tant qu’on n’a pas d’enfants.

Je vous souhaite tous, un jour ou l’autre, d’avoir, à vos côtés, votre propre ange Hélène.

La force d’un lien

IMG_9473

Ça fait quand même deux ans et des poussières, que je ne suis plus enceinte de ma princesse Sofia, ainsi que trois ans et deux mois que je ne porte plus ma reine Victoria. Je reste tout de même fascinée par le lien qu’une mère peut créer avec son enfant en l’ayant en elle et l’influence qu’elle peut avoir sur lui/elle.

Je parle, bien entendu, par expérience…

Lors de ma première grossesse, j’ai dû arrêter de travailler durant un mois au début du deuxième trimestre (donc entre quatre et cinq mois). Je trouvais souvent le temps long, mais j’aimais me réfugier dans un bon film. Corpse Bride revenait régulièrement à l’affiche, dans mon salon. Durant ce mois, je l’ai probablement regardé plus de dix fois. J’avais toujours envie de le voir et je ne m’en lassais pas. Pendant le solo de piano de Victor, au début, je fermais mes yeux pour profiter pleinement de cette belle musique.

(Regardez la vidéo de cette scène sur YouTube. Qu’on aime le piano ou non, c’est merveilleux : https://www.youtube.com/watch?v=yOCZ5K1vxCQ)

À 20 semaines, j’ai appris que j’avais une petite fille en moi. Ce fût immédiat : elle allait s’appeler Victoria, comme dans Corpse Bride.

Ma folie pour mon film macabre s’est estompée puis, alors que Victoria avait quatorze mois, que nous étions seules à la maison et qu’il faisait bien trop froid dehors pour aller jouer, j’ai fait jouer mon film. Dans son pyjama à pattes jaunes avec des singes, ma petite reine a écouté ce film au complet pour la première fois sans bouger une seule seconde.

Au fil du temps, bien que je n’aime pas qu’elle regarde trop la télévision, ce qui était autrefois mon film est devenu son film. Quand je veux lui faire plaisir ou que je veux avoir un peu de tranquillité, je fais jouer Corpse Bride. Elle l’appelle « mon film avec le piano ». Sa soeur l’appelle « le film à ma soeur ». Je ne sais pas si ce sont les images, les couleurs, la musique ou les chansons, mais elle est absolument obnubilée. En plus, elle est très contente de savoir qu’une belle madame s’appelle Victoria, comme elle. Ce que j’aime le plus dans toute cette coïncidence, c’est qu’elle est d’elle même tombé en amour avec ce chef d’oeuvre de Tim Burton. J’aurais pensé qu’elle aurait eu le coup de foudre pour Le roi lion ou La petite sirène, bien avant un film dans lequel un homme épouse une femme morte.

Mais, vous savez le plus beau là-dedans? C’est que lorsqu’elle est devant son film et que le fameux solo de piano commence, tout semble disparaître autour d’elle. Je la sens transportée par chaque note.

Même que, parfois, pendant cette minute et demie, je la vois fermer les yeux et s’abandonner au son de la musique…

« J’aurai toujours peur de te voir t’en aller… »

IMG_9268

Avant même qu’elle ne vienne au monde, ma Sofia trouvait déjà le moyen de me faire peur : un soir, à quelques jours de son arrivée, j’ai passé plusieurs heures à  me demander si elle bougeait encore dans mon ventre.

Elle est née le soir du 11 décembre 2012. Ce soir-là, j’ai failli la perdre avant même de la voir…

Puis, les crises monstres ont commencé. À quatorze mois, une grave allergie au lait a été confirmée. Six mois plus tard, cinq allergies de plus se sont ajoutées. Trois mois plus tard, sept autres ont joint la liste.

Sofia a eu deux ans, il y a trois semaines. Elle a encore les même grosses joues et me semble encore si petite.

Je la prend encore dans mes bras pour descendre les marches, je l’habille encore de la tête aux pieds à tous les matins, je lui donne encore un biberon de lait chaud à tous les soirs, je la berce encore, au beau milieu de la nuit, lorsqu’elle fait un mauvais rêve.

Je ne sais pas si c’est son bas âge, ses allergies, ses joues ou simplement le fait que j’ai déjà passé si près de la perdre, mais j’ai l’impression que je ne pourrai jamais la laisser « voler de ses propres ailes ». Bien sûr, elle n’a que deux ans, mais il y a tellement d’étapes que je crains.

J’aurais envie de passer ma vie (ou la sienne) à tenir sa petite main dodue, afin de l’accompagner à tous les niveaux qu’elle atteindra. J’aimerais être là pour la protéger de tout, mais encore plus de tous.

Quand je m’arrête quelques instants pour y penser, je constate qu’elle est si forte, au fond. C’est moi, qui est faible. Elle s’est, à travers toutes les épreuves auxquelles elle a déjà fait face, créée une force de caractère incroyable malgré son âge et sa toute petite taille.

Elle est brillante, elle est forte, elle est drôle et remplie de vie. Elle est mon bébé, mais j’ai l’impression qu’elle le sera toujours.

Ça aussi, ça me fait peur…

Victoria – 3 ans

IMG_8267

Ça y est, c’est aujourd’hui que tu quittes vraiment le monde des bébés pour entrer dans le monde des enfants. Ça a passé vite, non? Les 3 dernières années ont disparues en l’instant d’un clin d’œil, qui fait aujourd’hui couler des larmes sur mes joues. En fait, ces larmes coulent dès que je me mets à penser à toi. Si tu savais comme je suis fière de la personne que tu es. Tu es merveilleuse et tu deviens de plus en plus merveilleuse à chaque jour. En l’espace d’un clin d’œil, tu t’es mise à marcher, à parler, à sauter, à aller seule aux toilettes, à aimer, à découvrir par toi-même… 


Je suis fière de la personne dont je suis devenue grâce à toi. Si tu savais à quel point tu m’as changée pour le mieux. Quand je te vois me sauter au cou en arrivant le soir, quand tu t’obstines avec ta sœur à savoir je suis la maman exclusive à qui, quand je te serre contre moi avant le dodo et que tu me chuchote « I love you maman », je me dis que je dois faire un très bon travail de maman. 

Des fois, je ne trouve pas les mots pour exprimer ce que tu me fais, à quel point tu me changes, et jusqu’où j’irais pour toi. Marc Dupré l’exprime bien en disant « Comment je te dirais, sans que mes yeux s’inondent, que tu es le début depuis la fin du monde. »

Happy 3rd trip around the sun, ma grande fille.

Merci de m’avoir choisie comme maman, merci de me donner la meilleure des raisons de me lever à chaque matin : toi.

« Although a tear may be ever so near, that’s the time you must keep on trying. Smile, what’s the use of crying? You’ll find that life is still worthwhile if you just smile. »

-Charles Chaplin

Sofia – 2 ans

IMG_8918

Mon bébé, ma Sofia d’Amour. Il a neigé tout la nuit pour t’offrir la plus belle des journées, encore une fois, le jour de ta fête. Les 11 décembre se suivent et se ressemblent depuis ta naissance : ils sont brillants, ils sont beaux, ils sont doux et font sourire. Comme toi.
Tu grandis si vite. Quand tu fais un cauchemars et que je vais te consoler au beau milieu de la nuit, je reste toujours surprise de constater à quel point tu as grandi. Même si tu es toute mini, moi, je te vois encore plus petite, encore à quelques mois de vie, alors que je pouvais t’envelopper dans mes bras et te protéger de tout ce qui allait t’arriver. 


Je te compare souvent à la neige, tu sais? Bien que douce et vulnérable en apparence, la neige reste une force de la nature. Tout comme toi, elle possède une force de caractère qui peut tout surmonter. 


Du haut de tes deux ans, ma Sofia d’Amour, tu as déjà vécu beaucoup d’expériences et tu en ressors toujours vainqueur, comme une vraie combattante. Tu promets pour le futur, ma princesse.
La neige tombée me rappelle le jour de ta naissance, le jour où je croyais t’aimer plus que tout. Je ne savais pas que ce ne serait rien à côté de maintenant… 


Bonne fête, ma Doudou, merci de m’aimer, merci de m’en apprendre plus sur la vie que n’importe qui d’autre, merci d’être la merveilleuse personne que tu es. 

« Mille après mille, je suis triste. Mille après mille, je m’ennuie. Puis, jour après jour sur la route… Tu ne peux pas savoir comme je peux t’aimer… Tu ne peux pas savoir comme je peux t’aimer… »

-Willie Lamothe