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24 heures dans ma vie

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En mars 2012, un magazine québécois avait lancé un concours d’écriture, qui s’intitulait 24 heures dans ma vie. Il fallait, en moins de 500 mots, raconter notre journée en tant que maman ou papa. Victoria allait avoir cinq mois et Sofia était une mini pois dans mon ventre.

Un soir, alors que je n’arrivais pas à dormir, je me suis mise à écrire. À 21h11, j’ai envoyé mon texte au magazine en question. Douze heures plus tard, la rédactrice en chef m’écrivait pour me dire que mon texte avait été choisi. J’ai donc eu envie de vous le partager :

Comment je fais?

Il y a des matins où le réveil est plus difficile. Aujourd’hui, il l’est. Dans ces instants-là, je me demande comment elle fait, du haut de ses vingt cinq pouces, pour me tirer du lit avec ses gazouillis à une heure si matinale. Encore dans les brumes, je me rends à son lit pour la découvrir dessus-dessous à l’extrémité de la bassinette, me regardant avec un énorme sourire, le même que font les gens qui gagnent à la loto. Puis, elle éclate de rire sans aucune raison apparente et se met à pédaler. C’est comme ça qu’elle fait. C’est comme ça et pour ça que je me lève à tous les matins.
En zappant entre Salut Bonjour, The Mom Show et Le chat dans le chapeau, je prépare notre journée qui est autant sinon plus pleine que celle d’hier. Du lait, des céréales, des couches pleines (très pleines), des régurgits, des rots et il est l’heure de partir. Je lui enfile son maillot de bain sous un pantalon et un chandail sur lequel on peut lire “Sweetie”. On doit tout d’abord aller au cours “bébé d’eau” où elle y apprend à submerger sa tête sans crainte. Aussitôt sortie, une infirmière nous attend déjà au CLSC pour un vaccin. Une chasse au stationnement, une feuille bleue à remplir, des pleurs déchirants et hop! Quelques gouttes deTempra feront l’affaire! Comme pour les autres vaccins, elle semble K.O. J’en profite donc pour aller faire des courses puisque le dossier “souper de ce soir” n’est toujours pas réglé.
Après avoir parcouru la ville au grand complet, direction maison pour diner. Elle ne semble pas se tanner d’avoir le même menu à chaque repas! Pour moi, à voir la vaisselle sale qui traine, le plancher caché sous la saleté, les jouets éparpillés partout et l’heure qui file à toute allure, ce sera un sandwich sur le pouce!

À peine l’éléphant aux oreilles bruyantes rangé, papa rentre déjà du travail. Un calcul mathématique inné s’effectue alors dans ma tête: À quelle heure dois-je commencer à préparer le souper si je veux avoir le temps de manger tranquillement, ranger les restants, préparer les lunchs, préparer la routine, remplir le bain, donner le biberon et coucher la petite? Surprenamment, à chaque soir, ce calcul fait en sorte que tout entre dans l’ordre.
Enfin le bébé couché, j’ai droit à une bonne douche d’eau chaude. Même si mon lit est tentant par après, je dois finir un travail d’université. Je ne serai pas couchée avant 23h au moins. En prenant mes livres, je passe par la chambre safari dans laquelle une petite lionne y est endormie. Je la contemple quelques instants, je la photographie du regard. C’est cette image qui fera la différence.
Lorsque je me demanderai comment je fais, lorsque les journées se rempliront de plus en plus, lorsque je trouverai les matins trop tôt, je penserai à cette image, je penserai à elle.
C’est pour elle que je le fais.

« J’aurai toujours peur de te voir t’en aller… »

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Avant même qu’elle ne vienne au monde, ma Sofia trouvait déjà le moyen de me faire peur : un soir, à quelques jours de son arrivée, j’ai passé plusieurs heures à  me demander si elle bougeait encore dans mon ventre.

Elle est née le soir du 11 décembre 2012. Ce soir-là, j’ai failli la perdre avant même de la voir…

Puis, les crises monstres ont commencé. À quatorze mois, une grave allergie au lait a été confirmée. Six mois plus tard, cinq allergies de plus se sont ajoutées. Trois mois plus tard, sept autres ont joint la liste.

Sofia a eu deux ans, il y a trois semaines. Elle a encore les même grosses joues et me semble encore si petite.

Je la prend encore dans mes bras pour descendre les marches, je l’habille encore de la tête aux pieds à tous les matins, je lui donne encore un biberon de lait chaud à tous les soirs, je la berce encore, au beau milieu de la nuit, lorsqu’elle fait un mauvais rêve.

Je ne sais pas si c’est son bas âge, ses allergies, ses joues ou simplement le fait que j’ai déjà passé si près de la perdre, mais j’ai l’impression que je ne pourrai jamais la laisser « voler de ses propres ailes ». Bien sûr, elle n’a que deux ans, mais il y a tellement d’étapes que je crains.

J’aurais envie de passer ma vie (ou la sienne) à tenir sa petite main dodue, afin de l’accompagner à tous les niveaux qu’elle atteindra. J’aimerais être là pour la protéger de tout, mais encore plus de tous.

Quand je m’arrête quelques instants pour y penser, je constate qu’elle est si forte, au fond. C’est moi, qui est faible. Elle s’est, à travers toutes les épreuves auxquelles elle a déjà fait face, créée une force de caractère incroyable malgré son âge et sa toute petite taille.

Elle est brillante, elle est forte, elle est drôle et remplie de vie. Elle est mon bébé, mais j’ai l’impression qu’elle le sera toujours.

Ça aussi, ça me fait peur…