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Vendredi 13

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(Premièrement, vous m’excuserez de vous avoir quelque peu délaissés dernièrement. La vie a décidé de me remettre sur le chemin du bonheur depuis quelques jours, un chemin parsemé de trèfles à quatre feuilles.)

Je vous ai parlé dernièrement de l’ange de ma fille, Sofia. En fait, je crois sincèrement que nous avons tous un ange, qu’il soit sur terre à nos côtés ou au ciel à nous regarder. Mon ange, il a été à mes côtés jusqu’au 29 avril 2003, après quoi il a continué de me guider du haut de son petit paradis.

À 12 ans, lorsque ma grand-maman s’est envolée, j’ai eu beaucoup de difficulté à l’accepter. Je ne parle que très rarement d’elle puisque je deviens rapidement émue. Elle s’appelait Marie-Adèle, mais tout le monde la surnommait Adèle. Elle était magnifique, elle rayonnait, souriait toujours et adorait le mauve.

Cinq ans après son décès, je me suis fait tatouée son nom avec sa fleur préférée : une rose mauve. Lorsque Victoria est née, je lui ai donné Adèle comme deuxième prénom. Trois ans plus tard, Victoria Adèle est le sosie de son arrière-grand-mère, physiquement autant que psychologiquement. Elle a les cheveux qui frisent, elle rayonne, elle sourit toujours et ne vie que pour le mauve et les belles choses.

Dernièrement, j’ai réalisé que, même si elle n’était plus à mes côtés, ma grand-maman était toujours restée près de moi. Des fois, ces anges nous donnent des signes. Suffit simplement de les voir…

Les derniers 18 mois ont été des plus difficiles. Je ne saurai jamais si j’ai frôlé la dépression ou si je nageais en plein dedans. Durant la périodes des fêtes, j’ai beaucoup parlé à ma grand-maman, la suppliant de ne pas me laisser tomber, de m’aider à voir les étoiles briller encore.

Puis, 2015 est arrivée : j’ai envoyé mon manuscrit en édition et j’ai reçu une réponse positive un mois plus tard. Ce n’était que le début, en fait. J’ai signé le contrat avec mon éditeur et mon livre sera publié le 10 avril 2015, juste à temps pour le Salon du livre de Québec, où je serai. Je serai aussi au Salon du livre de Montréal, en novembre puis, à celui de Trois-Rivières, en mars 2016. Déjà sur un nuage, j’ai appris que ce n’était pas tout : j’ai réussi à décrocher un emploi qui saura me rendre heureuse, tout en ne compromettant pas mon besoin d’écrire, ni mes enfants.

J’ai aussi commencé l’écriture d’un roman, moi qui me croyais incapable d’en écrire un!

En me rendant chez l’allergologue avec Sofia, la semaine dernière, alors que mon iPod décidait lui-même de quelle chanson devait jouer, j’ai été complètement bouleversée d’entendre les paroles suivantes :

Elle espère qu’à un moment donné, elle pourra lever le voile sur ces sombres années et, enfin, revoir les étoiles.
Elle dit que la solitude, c’est quelque chose d’assez déprimant, que ça devient une habitude mais, qu’on ne s’y fait jamais vraiment.
Si les étoiles reviennent, je te jure que je te les décroche. Pour apaiser ta peine, j’en glisserai une dans ta poche.
En attendant, dors bien, on se reparle demain…

Hannah – Cowboys Fringants

Je crois que quelque part, dans la nuit du 31 décembre 2014 au 1er janvier 2015, ma grand-maman est venue déposer une étoile dans ma poche. Après tout, les étoiles ne peuvent pas briller sans la noirceur…

 

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L’ange Hélène

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Vous aurez probablement remarqué que j’ai été plutôt discrète, voir même absente, depuis mercredi. Bien que j’aie plusieurs sujets qui ne demandent qu’à être élaborés et expliqués sur une page blanche, je suis pourtant bloquée depuis jeudi soir. J’ai l’impression que je ne serai pas en mesure d’écrire quoi que ce soit tant que je n’aurai pas écrit ce qui suit…

Jeudi matin, je suis allée reconduire mes filles à leur garderie pour me permettre d’envoyer mon manuscrit en édition. J’avais tellement hâte de vous annoncer que c’était finalement fait!

À 13h15, j’étais debout au comptoir de la cuisine, incapable de rester assise tellement j’étais excitée! J’avais déjà deux copies d’envoyées. Puis, mon téléphone a sonné. Quand on a un enfant allergique à tout énormément d’aliments, voir le numéro du CPE apparaître sur l’afficheur déclenche toujours un léger stress. Avant-hier, j’ai eu raison de stresser…

Le visage à Sofia était devenu rouge après le dîner. Son ange éducatrice, Hélène, ne l’a donc plus lâchée du regard. En voulant la coucher, à l’heure de la sieste, elle a remarqué que mon bébé se grattait l’intérieur de la bouche. Elle l’a amenée avec elle, dans un bureau à part afin de l’observer attentivement. Avec ma permission, elle lui a administré de l’antihistaminique.

Hélène m’a rappelée quelques minutes plus tard : Sofia tentait de se gratter le fond de la gorge avec des objets, en plus de jouer avec ses oreilles sans cesse. Il fallait sûrement lui injecter une dose d’épinéphrine. Pourtant toujours dans le doute, je lui ai dit d’appeler Info-Santé avant et de ne pas hésiter à la piquer s’il le fallait…

En attendant son appel, je suis allée dans ma chambre, regarder par la fenêtre. Je ne sais même pas s’il faisait soleil ou s’il neigeait. Je regardais sans voir. Je ne faisais que penser à mon bébé…

À 14h01, Hélène m’a appelée pour me dire qu’elle venait d’injecter la dose d’épinéphrine à Sofia et que le propriétaire de la garderie avait appelé l’ambulance…

L’ambulancier, les deux médecins que nous avons consultés à l’hôpital, ainsi que les deux infirmiers m’ont confirmé qu’il fallait absolument la piquer et que ça avait certainement été fait juste à temps. En jouant avec ses oreilles, Sofia essayait de les déboucher ; l’air commençait à avoir de la difficulté à circuler…

La nuit qui a suivi cet épisode a été blanche, vous me croirez bien. Je l’ai déjà mentionné auparavant (cliquez ici), Sofia a toujours su me faire peur. Mais, jeudi, ça a atteint des sommets.

Hier, j’ai pris le temps d’aller à la garderie, voir l’ange Hélène et pleurer dans ses bras. Durant toute la nuit qui venait de passer, j’avais eu le temps de réfléchir et de comprendre certaines choses… Si Hélène n’avait pas été plus attentionnée qu’il le faut, si elle n’avait pas remarqué que Sofia avait commencé à se gratter la gorge en la couchant, j’aurais probablement, même certainement, perdu mon bébé durant son sommeil ce jour-là…

On sous-estime parfois le travail des éducatrices. C’est dans des moments comme celui-ci, qu’on se rend compte qu’elles ne font pas seulement que garder nos enfants. Elles leur sauvent la vie, des fois…

J’ai vraiment compris, avant-hier, qu’on ne connait pas la peur tant qu’on n’a pas d’enfants.

Je vous souhaite tous, un jour ou l’autre, d’avoir, à vos côtés, votre propre ange Hélène.