Sofia – 2 ans

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Mon bébé, ma Sofia d’Amour. Il a neigé tout la nuit pour t’offrir la plus belle des journées, encore une fois, le jour de ta fête. Les 11 décembre se suivent et se ressemblent depuis ta naissance : ils sont brillants, ils sont beaux, ils sont doux et font sourire. Comme toi.
Tu grandis si vite. Quand tu fais un cauchemars et que je vais te consoler au beau milieu de la nuit, je reste toujours surprise de constater à quel point tu as grandi. Même si tu es toute mini, moi, je te vois encore plus petite, encore à quelques mois de vie, alors que je pouvais t’envelopper dans mes bras et te protéger de tout ce qui allait t’arriver. 


Je te compare souvent à la neige, tu sais? Bien que douce et vulnérable en apparence, la neige reste une force de la nature. Tout comme toi, elle possède une force de caractère qui peut tout surmonter. 


Du haut de tes deux ans, ma Sofia d’Amour, tu as déjà vécu beaucoup d’expériences et tu en ressors toujours vainqueur, comme une vraie combattante. Tu promets pour le futur, ma princesse.
La neige tombée me rappelle le jour de ta naissance, le jour où je croyais t’aimer plus que tout. Je ne savais pas que ce ne serait rien à côté de maintenant… 


Bonne fête, ma Doudou, merci de m’aimer, merci de m’en apprendre plus sur la vie que n’importe qui d’autre, merci d’être la merveilleuse personne que tu es. 

« Mille après mille, je suis triste. Mille après mille, je m’ennuie. Puis, jour après jour sur la route… Tu ne peux pas savoir comme je peux t’aimer… Tu ne peux pas savoir comme je peux t’aimer… »

-Willie Lamothe

14 décembre 2014

Ça va faire une semaine demain. Une semaine que je me suis levée avec un arrière goût de déjà vu, une semaine que je suis partie de la maison angoissée, en me disant que je serais peut-être mieux d’y rester… juste pour aujourd’hui. Ça fera une semaine demain que la vie, après multiples tentatives, m’a finalement remise sur la bonne voie et m’a finalement fait comprendre que je ne gagnerais pas à ce jeu de l’autruche. Ça aurait pu prendre 3 jours, ça aurait pu prendre 50 ans. Ça aura pris environ 17 ans. Je dis 17 ans parce que je crois avoir appris à lire et à écrire en même temps que la plupart des gens de ma génération ; soit 7 ans.

À 7 ans, je lisais tout, tout le temps. Les J’aime lire et les Chair de poule ont bercé mes dimanche pluvieux d’octobre et mes samedi trop froids de février. J’adorais m’évader dans des pages remplies de mots. J’aimais d’autant plus constater à quel point le temps passait plus vite lorsqu’on s’évadait dans un livre. Je devais avoir ça, 7 ou 8 ans, quand j’ai décidé que j’allais écrire des livres “plus tard”. Je ne lisais que des romans, ne connaissant rien d’autre, alors j’allais écrire des romans. L’année suivante, j’allais devenir scénariste : j’avais découvert le cinéma. À travers Le Parrain et Edouard aux mains d’argent, je vivais dans la magie du 7e art.

Au primaire, j’excellais particulièrement en français. J’étais imbattable lorsque ça venait à l’écriture ou la lecture. Ce sont les présentations orales qui me faisaient perdre des points, en fait. En secondaire 1, j’ai rencontré l’enseignant qui vint confirmer que ma vocation était d’écrire. M. Claude Ponton était passionné du français et transmettait sa passion à merveille. Il m’a fait lire mon premier gros livre, celui qui m’a probablement le plus marqué à ce jour d’ailleurs : Le prince de Central Park. En allant à NYC pour la première fois cet automne, je n’ai pu faire autrement que de penser à ce chef d’oeuvre lorsque j’ai franchis les limites de Central Park, presque 13 ans après avoir lu le livre.

Finalement, en secondaire 5, je savais que je devais me diriger en communications. J’ai par contre pris la voie anglophone en m’inscrivant à Dawson College. J’aimais toujours lire, j’aimais toujours écrire. Je me voyais écrire pour The Gazette.

J’ai dit que, à 7 ans, je trouvais que le temps passait merveilleusement vite lorsqu’on lisait? J’ai effectivement perdu le compte à un certain moment donné. Je me suis réveillée la semaine dernière. Je ne sais pas ce qui s’est passé. Je ne sais pas où il est allé, ce temps-là, mais il a passé en coup de vent. J’ai rencontré Christian Tétreault à quelque part, sur un de ces nuages. Je lui ai promis que j’écrirais. Il m’a dédicacé son livre en écrivant :

“Un jour, on se reverra dans deux rôles différents.”

Cette phrase-là, elle m’a rentrée dedans. Elle m’a chamboulée totalement. Mais, ce n’était pas assez, on dirait. J’ai continué à sauter de nuage en nuage, en écrivant par ci et par là, en lisant, en rêvant. Je suis déménagée sur la rive-nord, dans le fin fond d’un bois de St-Colomban, au début 2010. Je trouvais l’endroit idéal pour y écrire. Je cherchais un endroit de la sorte depuis des mois et j’y étais enfin. La neige était étincelante et ne me demandait que de m’assoir et d’écrire. Chose que je ne fis pas suffisamment. Lorsque j’ai mis au monde ma première réussite, une merveilleuse petite fille, je me suis dit que je pourrais profiter du congé de maternité pour écrire un peu plus. J’ai écrit. Mais, pas assez. Copier – coller pour le deuxième congé de maternité, qui s’est avéré être collé au premier. Puis, je suis retournée au travail rêvant encore, avant de m’endormir le soir, de vivre de mes mots.

J’ai perdu ce travail 6 mois seulement après mon retour. Je manquais beaucoup trop à cause des enfants qui étaient malades à chaque semaine. Sous le choc, j’ai pris 5 semaines à m’en remettre après lesquelles j’ai recommencé à écrire pour de bon. La semaine suivante, j’avais trouvé un emploi à temps plein. Plus de temps pour écrire… Je regrettais de laisser mes pages aussi blanches pour un emploi dont je n’avais pas du tout envie.

J’ai perdu cet emploi 4 mois seulement après l’avoir décroché. Le marché n’allait pas bien alors ils ont aboli mon poste. Je me suis alors dit que je ne chercherais plus, que j’écrirais à la place. Pour une fois, je me suis écoutée… presque. J’ai appliqué sur 1 seul emploi. Je l’ai eu. Quatre semaines après avoir perdu un deuxième emploi en 6 mois, j’en commençais un autre. L’enjeu était par contre différent cette fois : ça allait être mon dernier emploi dans ce domaine avant que je le quitte pour écrire à temps plein. Pendant les quatre semaines qui ont précédées mon nouvel emploi, j’ai finalement écrit autant que je devais le faire. J’ai finalement écrit un livre. Je croyais qu’il n’y avait rien comme finir de lire un livre ; je n’avais vraisemblablement jamais fini d’en écrire un. À ce moment-là, et je ne m’en rend compte qu’aujourd’hui seulement, je vivais une vie de rêve : mon couple filait le parfait bonheur, le soleil brillait à tous les jours, mes filles étaient heureuses et en pleine santé, je dormais mieux que jamais et j’écrivais tous les jours. La vie était belle.

J’ai pourtant commencé à travailler… Au bout d’un mois, je suis retombée dans le même bateau. Celui de la routine d’enfer avec deux jeunes enfants de 2 et 3 ans : la garderie, le ménage, les soupers, les dodos, les virus, le pédiatre, l’allergologue, les terrible two… Plus de temps pour écrire, plus de belle vie. L’argent rentrait, on avait un beau rythme de vie, mais on n’était pas bien comme on l’était avant…

En regardant Patrick Sénécal à Tout le monde en parle quelques semaines après avoir débuté mon nouveau travail, je me suis promis que ce travail serait le dernier avant que je vive de mes mots. Je me suis mise à rêver de le quitter un jour en annonçant à mon patron que je devais me consacrer à mes pages blanches et mes histoires. J’en ai vraiment rêvé.

La semaine dernière, j’ai perdu cet emploi. C’était le troisième en 10 mois et la raison m’est inconnue. Ce matin-là, avant de quitter pour le travail, j’ai regardé le feu brûler dans le foyer et mon chien dormir juste devant. Je me suis dit que je pourrais vraiment rester à la maison, juste pour cette journée-ci… À mon retour, à 17h15, le soir-même, j’ai compris que je ne repartirais plus de chez moi.

À quelque part dans ma vie, entre le secondaire 5 et la semaine dernière, j’ai décidé que je jouerais au plus fort avec la vie. J’ai décidé que je la défierais, que j’irais à l’encontre de ce vers quoi elle me destinait.

J’ai déclaré forfait la semaine dernière à 17h15.

T’as gagné, la vie : je vais rester chez moi et écrire.