Archives de catégorie : Vie de famille

Je me rappellerai toujours de la fois où mon frère a rapporté son album de fin d’année à la maison pour la première fois. Les dernières pages de cet album étaient consacrées aux finissants de l’année. Ils avaient chacun un texte écrit par un(e) ami(e) et il y avait aussi leur rêve d’inscrit. Plusieurs d’entre eux avaient écrit « fonder une famille ».
Je ne comprenais pas en quoi le fait d’avoir une famille pouvait être un rêve. Pour moi, un rêve c’était d’aller à Hawaii, de rencontrer Maurice Richard, de déménager en Californie…
Je ne comprenais pas à ce moment-là… Mais, maintenant, je comprends si bien.

Parce que fonder une famille, ce n’est pas seulement d’avoir des enfants. Fonder une famille, c’est de trouver la personne idéale avec laquelle on veut passer le restant de nos jours. C’est bâtir, ensemble, quelque chose qui ne s’achète pas et qui n’a aucune valeur monétaire. Fonder une famille, c’est fonder une vie.

Maintenant, je le sais… et je comprends que c’est le plus beau des rêves qui soient…

Lettre au père de mes enfants

so let it be give it time you go your way and i'll go mine

Saches que, malgré les apparences, cette situation n’est pas plus facile pour moi qu’elle l’est pour toi.

Je ne t’ai pas quitté pas pour avoir droit à un « break » de mes enfants une semaine sur deux. Je ne m’empresserai pas d’aller fêter avec mes amis jusqu’aux petites heures du matin pour souligner ma « liberté ».

Y’a quelques temps, on s’aimait comme des fous. On était convaincus de terminer notre vie ensemble, côte à côte. On était fier d’être encore ensemble. On était fier de se dire qu’on serait ensemble pour affronter les grandes étapes qui attendaient nos enfants. Ce n’était pas toujours facile, mais on trouvait toujours le moyen de tout surmonter.

On est passé de l’amour à la haine en si peu de temps, ça semble totalement irréel. Je ne sais pas pour toi mais moi, j’ai l’impression de vivre un cauchemars.

Si tu savais la douleur qui m’habite et le mal que je ressens quand je pense à tout ça.

J’ai espéré. J’ai tellement espéré trouver une petite lueur à laquelle m’accrocher pour rester, pour ne pas briser notre famille.

J’aurais voulu offrir deux parents unis, heureux et amoureux à nos filles.

La vérité, c’est que les temps changent, les gens évoluent, la vie suit son cours.

Oui, j’aurais aimé qu’on vieillisse ensemble pour nos filles. Par contre, je ne veux pas qu’elles croient que leur bonheur est secondaire. Je veux qu’elles comprennent que rien au monde ne vaut le fait de mettre son bonheur de côté toute une vie.

Bien sûr que j’ai mal pour l’instant, mais ça passera. Tout est passager. Je me retrouverai petit à petit. J’essaierai de croire en la vie et en la joie à nouveau.

Après quelques temps à passer une semaine sur deux à dormir dans leur lit avec leur odeur, à regarder toutes les photos d’elles durant mes temps libres, à souper seule en pleurant, à m’en vouloir quand je les laisserai partir le vendredi matin, je redeviendrai la personne que je suis, la personne que je mérite d’être.

Je ne les laisserai pas partir avec mon bonheur. Je les laisserai partir pour mieux revenir. Pour que je puisse être moi-même à 100% du 50% auquel j’aurai droit.

Ça prendra peut-être 6 mois, ça prendra peut-être 5 ans mais, je redeviendrai heureuse. Toi aussi, tu retrouveras le bonheur à travers tout ça. Ne t’en fais pas.

On ne vivra plus ensemble mais, on sera au moins heureux pour elles. Et ça, ça risque fortement de les rendre heureuses à leur tour.

À partir de là, je crois bien qu’on aura réussit.

On aura pris un autre chemin, mais on aura réussit.

Étoile filante

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Prendre le temps de vivre et profiter des petites choses de la vie : c’est ce que j’aime le plus faire avec toi.

Même s’il était rendu 20h30, qu’il était passé l’heure de te mettre au lit et que j’étais très fatiguée, j’ai sauté sur l’occasion lorsque tu m’as proposée de sortir dehors avec nos doudous pour aller regarder les étoiles.

La lune, quasiment pleine, nous éclairait de pleins feux, sans se soucier des étoiles, qui abondaient dans le ciel.

Puis, tu m’as demandé ce que c’est, qu’une étoile filante.
J’ai eu le coeur gros.
Une étoile filante, c’est une petite boule de feu, qui se déplace rapidement dans le ciel.
Une étoile filante, pour les gens de mon âge, c’est aussi la définition de quelqu’un qui est de passage dans une vie.

Tout va vite, tu sais? Les gens arrivent, puis repartent sans qu’on s’en aperçoive, sans qu’on ait pris le temps de profiter des petites choses de la vie en leur compagnie.

Après t’avoir expliqué ça, j’ai eu envie de te remercier d’être mon étoile filante.
Mais, en te voyant collée sur moi, enroulée dans ta doudou, admirant le ciel, un lundi soir comme tous les autres, je t’ai plutôt remerciée d’être ma lune : toujours présente à mes côtés pour me rappeler à quel point c’est magnifique, la vie.

Si ce soir t’as envie de rester avec moi, la nuit est douce, on peut marcher. Et, même si on sait bien que tout ne dure rien qu’un temps, j’aimerais ça que tu sois, pour un moment, mon étoile filante…

Donner au suivant

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On dit souvent que les épreuves que l’on vit, on ne réalise qu’après coup à quel point elles étaient intenses. Ce n’est qu’après en être sorti, qu’on se demande comment on a fait pour s’en sortir.

Victoria a eu sa première pneumonie à l’âge de 13 mois seulement. J’étais enceinte de Sofia de 38 semaines. Je ne savais pas, en me rendant à l’hôpital de Ste-Agathe cette fois, que je passerais les 36 mois suivants à courir les hôpitaux de la région, à chercher de l’aider, à vivre un stress insurmontable simplement pour trouver un moyen de faire en sorte que ma fille puisse respirer normalement.

Tous les autres enfants avaient fréquemment des rhumes, c’est bien sûr. Victoria, quant à elle, terminait toujours ses virus à l’hôpital.

Un jour, durant l’été de ses 2 ans et demi, j’ai reçu un appel de la garderie pour m’informer qu’elle ne marchait plus.
Ma grande fille avait fait ses premiers pas à 10 mois et, un an et demi plus tard, elle ne pouvait plus se tenir…

C’est à ce moment que j’ai compris que je devais me rendre au CHU Ste-Justine. Inquiet par la situation et voyant son bilan médical, le médecin présent crû bon de lui faire les tests pour déceler la fibrose kystique.

Les tests furent négatifs, heureusement. Il s’agissait vraisemblablement d’un épuisement.
L’année qui suivit, Victoria dû retourner plusieurs fois à Ste-Justine : priorité 1, isolement respiratoire. À 3 ans et demi, elle connaissait malheureusement le département de l’urgence par coeur.

Sa dernière visite remonte maintenant à mai 2015. Nous sortions d’un rendez-vous avec son pédiatre, qui m’avait dit de me rendre à Ste-Justine : le taux d’oxygène dans le sang de Victoria était anormalement bas… encore.

Ce soir-là, nous avons été choyées : Victoria a été soignée par une urgentologue qui a, sans le savoir, changé notre vie. Elle a compris que Victoria ne pouvait plus continuer ainsi (et moi non-plus d’ailleurs).

Nous avons eu droit, dans les mois qui ont suivis, aux bienfaits des petits miracles que peuvent créer les spécialistes du CHU Ste-Justine.

Victoria a finalement été déclarée lourdement asthmatique. Avant d’avoir droit au traitement le plus adapté pour elle, ma grande fille s’étouffait lorsqu’elle riait trop, pleurait trop ou courait trop.

La pneumologue, Dre. Sophie Laberge, a changé notre vie complètement. Avoir un médecin qui comprend réellement la situation et qui tient vraiment à voir notre enfant aller mieux et vivre une vie normale, ça n’a pas de prix.

J’ai décidé de remercier le CHU Ste-Justine en remettant 1$ à la Fondation pour chaque livre que je vendrai.
Si vous hésitiez à l’acheter, ne doutez plus.
Aidez-moi à changer la vie de plein d’autres enfants. 

Partir pour mieux revenir

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We didn’t realize we were making memories. We just knew we were having fun.

J’y ai longtemps pensé, mais le timing n’était jamais bon, l’endroit n’était jamais celui que je voulais. Bref, je ne le feelais pas.

Ça faisait particulièrement longtemps que j’avais envie de prendre mes deux enfants, mes deux amours, mes deux batteries de rechange, loin d’ici, avec moi. Depuis plusieurs années, je rêvais de les prendre et fuir pour mieux réfléchir.

Je l’ai finalement fait. J’ai compris que nous devions partir pour mieux revenir.

Nous sommes parties avec mon bras droit, mon pilier des derniers mois, ainsi qu’une valise remplie de pensées et préoccupations dont je voulais me départir.

J’ai décidé d’éparpiller tous mes soucis petit à petit, entre Mirabel et la Virginie.
La 87 est une autoroute tellement ennuyante, qu’elle permet de réfléchir aux choses auxquelles on croyait avoir déjà réfléchit.

J’ai pris mon temps au Delaware et en Virginie pour me ressourcer de rêves, d’ambitions, de vitamine D et de petits bonheurs que la vie peut apporter. J’ai laissé le stress et le négatif un peu partout entre East Brunswick et Newark.

Tout ça m’a permis de me rappeler que même l’océan, après une tempête, parvient à redevenir calme et serein.
Si vous aviez vu l’arc-en-ciel que j’ai vu sur le chemin du retour, d’ailleurs. Après la pluie, le beau temps?

Demain

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Il est 0h57 lorsque le responsable du stationnement intérieur ouvre la barrière afin de nous laisser sortir. La pluie qui tombe sur Côte-Ste-Catherine est particulièrement intense et empêche Victoria de voir la lune et les étoiles. Elle me demande constamment où elles se sont cachées. Je lui dis de fermer ses yeux : lorsqu’elle les ouvrira, elle verra le soleil et ce sera encore mieux!

Ce qui est difficile avec les hôpitaux, c’est que tu sais toujours quand tu y entres, mais tu ne sais jamais quand tu en ressortiras.

À 18h, en quittant pour la clinique, j’ai rempli ma sacoche de tout ce dont on pourrait avoir besoin pour une nuit. Je connais ma fille et je sais que le médecin nous enverra à l’hôpital. Encore sous antibiotiques suite à sa pneumonie, Victoria a tout de même beaucoup de difficulté à respirer. Sa peau enfonce dans ses côtes lorsqu’elle inspire et elle siffle énormément.

Après seulement quelques minutes à discuter et à scruter le dossier de Victoria, Dre. Anne Gosselin est d’avis qu’elle doit se rendre à l’urgence.

Victoria en est à sa dixième pneumonie depuis sa naissance, environ.  Elle a essayé toutes les pompes, tous les antibios, tous les traitements et c’est la deuxième fois en un an qu’on se rend d’urgence à Ste-Justine à cause de son taux d’oxygène trop bas dans son sang.

Ce qui est fascinant du CHU Ste-Justine, c’est le service offert. Son dossier à cet hôpital commence à être épais et avec la note du médecin de la clinique, Victoria se fait transférer en isolement respiratoire en maximum 5 minutes.

On voit trois infirmières,  une urgentologue, une médecin résidente et deux inhalothérapeutes. Ma grande fille a droit a un traitement-choc de Ventolin et d’une autre pompe blanche… Le traitement se termine à 23h. Le médecin doit nous laisser pendant une heure, afin de s’assurer que les poumons à Victoria peuvent reprendre le dessus par eux-mêmes.

Durant cette heure, je réalise que j’ai pensé à tout sauf à de la nourriture. La cafétéria étant fermée jusqu’à 00h30, on se nourrira de biscuits à l’avoine et chocolat… Victoria s’endort finalement après avoir bu son verre de lait apporté par l’infirmière très attentionnée.

Pendant que ma grande dort profondément à l’aide d’une respiration A1, que la pluie battante tombe contre la fenêtre de la chambre et que les minutes passent à une lenteur inimaginable, je me demande pourquoi des moments comme ceux-ci viennent avec le fait d’avoir des enfants. Quand j’ai décidé d’avoir des enfants, je voulais juste des enfants. Pas un package deal de stress avec.

Je suis pleinement consciente qu’il y a pire. Je ne suis pas obligée de laisser mon emploi pour être au chevet de mon enfant qui doit subir des traitements chaque semaine. Mais, comme tout est relatif, nous subissons tous des moments stressants dans ce genre. Je nous trouve bons et bonnes, nous, les papas et mamans, qui doivent accompagner nos enfants dans des situations comme celles-ci, en tentant de leur cacher notre angoisse du mieux qu’on le peut.

On ne se le cachera pas : c’est difficile, d’être parent. On embarque dans une montagne russe et on n’en débarque jamais, au fond. Et c’est correct, ça fait partie de la vie. Faut juste être capable de se lancer des fleurs parfois… De se dire qu’on est bons et que c’est grâce à nous, que notre enfant aura droit à un autre « demain ».

Faut aussi savoir se calmer et se dire que demain, justement,  c’est un autre jour…

À demain.