Archives de catégorie : En transition

« En transition », ça veut tout dire : le début d’une histoire, la fin d’une autre…
« En transition », ça me vient surtout de Harvey Shine, dans Last Chance Harvey. Un film tellement inspirant de Joel Hopkins avec Dustin Hoffman, un des grands du 7ème art. L’histoire d’un homme qui n’a pas une très grande estime de lui et qui n’est pas très aimé de son entourage. Il se cherche constamment et fini par se trouver à Londres. C’est mon film fétiche lorsque j’ai besoin de motivation supplémentaire. La phrase finale appartient à Hoffman, qui dit, en marchant sur le bord de l’eau aux côtés de sa compagne :

« Je suis en transition… »

Extrait – Victoria

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J’ai décidé de vous gâter un peu, ce soir. Je flotte sur un très, très gros nuage depuis quelques temps : mon livre sera publié dans exactement 21 jours! Ça fait environ 17 ans que je rêve de publier un livre. Vous comprendrez donc la raison de mon nuage! J’ai envie de vous embarquer avec moi, sur ce nuage, pendant quelques instants. Il reste 3 semaines avant que je puisse enfin tenir mon bébé entre mes mains. Je vais tout de même vous partager un extrait.

Sachez, tout d’abord, que le livre s’intitule Victoria. Il raconte l’histoire de mon aînée. Au cours des dernières années, j’ai compris que rien arrive pour rien dans une vie. Chaque détail a une raison d’être, chaque personne que l’on rencontre effectue un passage dans notre vie pour une raison précise. On a beau projeter sa vie d’une certaine façon, elle risque fort bien d’être totalement différente. Parfois, c’est pour le mieux. En ces temps-là, il suffit simplement de sourire et de dire « merci, la vie! ».

 

Ce que j’aime le plus des aéroports, c’est le moment où les portes principales s’ouvrent. J’adore recevoir une bouffée d’air frais de la ville dans laquelle j’arrive.

Mon vol Philadelphie – San Diego a eu beaucoup de retard. Je suis fatiguée, j’ai faim et j’ai hâte d’aller me coucher. Je descends au rez-de-chaussée de l’aéroport pour récupérer ma valise et je me dirige ensuite vers la sortie pour vivre mon moment préféré. J’aime déjà cette ville, seulement d’après son odeur. Des dizaines de palmiers entourent l’aire de stationnement des taxis. Ces arbres m’ont toujours fascinée et j’en vois pour la première fois. Je prends tout mon temps pour les admirer. La ville brille d’un bleu incroyable, on dirait que l’océan se reflète sur les immeubles au loin.

Je prends un taxi pour aller à l’hôtel, puis je termine la soirée par un petit repas de restauration rapide. Avant de me coucher, je prends le temps d’ouvrir ma fenêtre de chambre pour remplir mes poumons de l’air salé de San Diego, sachant très bien que de la neige tombe sur la ville de Montréal au même moment.

Le lendemain matin, je me réveille au son de la vie du sud de la Californie. Les trolleys, les autobus, les stations mobiles de café en plus du gros soleil étincelant et de la brise de l’océan forment, tous ensemble, le meilleur des réveille-matin que la vie puisse offrir. J’ai la journée devant moi et je me sens au paradis. J’ai beaucoup lu sur San Diego avant d’y arriver et s’il y a une place où je dois aller, c’est Coronado Island. Je me prends donc un café et un muffin au café, au coin de West Broadway et Columbia, puis je prends un taxi pour me rendre à Coronado.

Le Coronado Bridge est un des plus beaux ponts au monde. Il est très haut pour permettre aux paquebots de passer dessous. Il est bleu ciel et il offre une vue magnifique, autant sur San Diego que sur Coronado. En arrivant sur l’île, le chauffeur me demande où je veux aller exactement. Je n’en ai aucune idée, alors je lui demande de me laisser au Starbucks le plus près, qui est sur Orange Avenue, l’avenue principale de l’île.

Voilà, à bientôt!

Vendredi 13

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(Premièrement, vous m’excuserez de vous avoir quelque peu délaissés dernièrement. La vie a décidé de me remettre sur le chemin du bonheur depuis quelques jours, un chemin parsemé de trèfles à quatre feuilles.)

Je vous ai parlé dernièrement de l’ange de ma fille, Sofia. En fait, je crois sincèrement que nous avons tous un ange, qu’il soit sur terre à nos côtés ou au ciel à nous regarder. Mon ange, il a été à mes côtés jusqu’au 29 avril 2003, après quoi il a continué de me guider du haut de son petit paradis.

À 12 ans, lorsque ma grand-maman s’est envolée, j’ai eu beaucoup de difficulté à l’accepter. Je ne parle que très rarement d’elle puisque je deviens rapidement émue. Elle s’appelait Marie-Adèle, mais tout le monde la surnommait Adèle. Elle était magnifique, elle rayonnait, souriait toujours et adorait le mauve.

Cinq ans après son décès, je me suis fait tatouée son nom avec sa fleur préférée : une rose mauve. Lorsque Victoria est née, je lui ai donné Adèle comme deuxième prénom. Trois ans plus tard, Victoria Adèle est le sosie de son arrière-grand-mère, physiquement autant que psychologiquement. Elle a les cheveux qui frisent, elle rayonne, elle sourit toujours et ne vie que pour le mauve et les belles choses.

Dernièrement, j’ai réalisé que, même si elle n’était plus à mes côtés, ma grand-maman était toujours restée près de moi. Des fois, ces anges nous donnent des signes. Suffit simplement de les voir…

Les derniers 18 mois ont été des plus difficiles. Je ne saurai jamais si j’ai frôlé la dépression ou si je nageais en plein dedans. Durant la périodes des fêtes, j’ai beaucoup parlé à ma grand-maman, la suppliant de ne pas me laisser tomber, de m’aider à voir les étoiles briller encore.

Puis, 2015 est arrivée : j’ai envoyé mon manuscrit en édition et j’ai reçu une réponse positive un mois plus tard. Ce n’était que le début, en fait. J’ai signé le contrat avec mon éditeur et mon livre sera publié le 10 avril 2015, juste à temps pour le Salon du livre de Québec, où je serai. Je serai aussi au Salon du livre de Montréal, en novembre puis, à celui de Trois-Rivières, en mars 2016. Déjà sur un nuage, j’ai appris que ce n’était pas tout : j’ai réussi à décrocher un emploi qui saura me rendre heureuse, tout en ne compromettant pas mon besoin d’écrire, ni mes enfants.

J’ai aussi commencé l’écriture d’un roman, moi qui me croyais incapable d’en écrire un!

En me rendant chez l’allergologue avec Sofia, la semaine dernière, alors que mon iPod décidait lui-même de quelle chanson devait jouer, j’ai été complètement bouleversée d’entendre les paroles suivantes :

Elle espère qu’à un moment donné, elle pourra lever le voile sur ces sombres années et, enfin, revoir les étoiles.
Elle dit que la solitude, c’est quelque chose d’assez déprimant, que ça devient une habitude mais, qu’on ne s’y fait jamais vraiment.
Si les étoiles reviennent, je te jure que je te les décroche. Pour apaiser ta peine, j’en glisserai une dans ta poche.
En attendant, dors bien, on se reparle demain…

Hannah – Cowboys Fringants

Je crois que quelque part, dans la nuit du 31 décembre 2014 au 1er janvier 2015, ma grand-maman est venue déposer une étoile dans ma poche. Après tout, les étoiles ne peuvent pas briller sans la noirceur…

 

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D’un coup que…

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J’ai l’impression que l’année 2015 est un calendrier de l’Avent interminable : j’ai droit à une surprise à tous les jours!

Je suis consciente de ne pas avoir choisi le métier le plus accessible au monde. J’ai donc commencé dernièrement à me chercher un emploi qui saurait me changer les idées jusqu’à ce que je puisse finalement vivre de mes mots.

Lundi matin, à 9h33, j’ai reçu un courriel et j’espérais tellement que ce soit une offre d’emploi. Mes jambes sont rapidement devenues molles lorsque j’ai remarqué que le courriel provenait d’une maison d’édition. J’ai pris le temps de m’assoir pour lire ce qui pouvait être soit un deuxième refus (ça en prend!), soit une acceptation.

Jusque là, je me demandais régulièrement ce qui allait arriver si mon manuscrit était refusé dans les huit maisons d’édition auxquelles je l’avais envoyé. Je ne voulais pas envisager de le modifier, puisque je le trouvais parfait comme il était. Je ne voulais pas non plus commencer à écrire un deuxième livre avant d’avoir eu des commentaires d’éditeurs pour celui-ci. J’avais aussi la possibilité de le renvoyer à plusieurs autres maisons d’édition jusqu’à ce que je trouve celle qui me ferait confiance et qui croirait en moi.

Puis, comme je suis très souvent inspirée par des citations, j’ai pensé à celle-ci d’Erin Hanson :

Qu’arrivera-t-il si je tombe?

Oh, ma chère, qu’arrivera-t-il si tu voles?

Lundi matin, à 9h33, après avoir lu le courriel de l’éditeur, je me suis mise à voler.

Je vous le dis, je viens tout juste d’atterrir. L’avenir est prometteur.

Blue Winter

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Quand j’ai appris hier matin, que c’était le Blue Monday, je me suis dit que j’étais mieux de ne pas écrire de la journée, question de ne pas remplir ces pages de mélancolie. J’ai donc passé la journée à cuisiner et à regarder des livres avec mes filles en écoutant du Coldplay.

Mais, en vérité, je suis quelqu’un qui est facilement affectée par la météo, la température et la luminosité. Il me semble que, plus les années passent, plus les hivers sont longs et froids. C’est tellement beau, l’hiver, c’est tellement magique. Ça peut aussi être lourd, par contre, des fois.

Avec une petite fille qui réagit beaucoup au froid (et qui a des mini-jambes qui ont de la difficulté à se déplacer dans la neige), je ne sors pas souvent ces temps-ci. C’est donc difficile d’aller chercher de l’énergie (autre que celle que je prend dans mon café latté quotidien). Vous savez ce qui est encore plus difficile ces jours-ci? C’est de me rendre compte qu’un changement de carrière, ce n’est pas aussi simple que je l’espérais.

Mon manuscrit a finalement été envoyé en édition la semaine dernière, par contre! C’est avec le coeur gros et beaucoup de fébrilité que j’ai donné mes grosses enveloppes à la madame du bureau de poste. J’aurai les réponses des 8 maisons d’édition d’ici six mois environ.

Bon, ce petit texte n’a pas de but précis, autre que pour vous dire que, si je semble moins présente ces temps-ci, c’est simplement pour ne pas vous envelopper de ma mélancolie hivernale. J’écris à chaque jour, ne vous en faites pas. Sauf qu’au lieu d’écrire au son de Coeur de Pirate et Jason Bajada, c’est du Coldplay, qui joue en boucle dans mon iTunes.

Je suis Charlie

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En 2007, j’avais fait un petit stage avec Richard Labbé, excellent journaliste au journal La Presse. J’ai dû lui posé au moins 300 questions durant ce stage et chacune de ses réponses méritait un moment de réflexion. La plus belle et la plus marquante phrase qu’il m’ait dite lorsque je lui ai demandé pourquoi il avait décidé d’être journaliste est :

« J’aime penser que j’ai le pouvoir de changer les choses avec des mots. »

Cette phrase, je me la répète à chaque jour depuis cette journée froide de l’hiver 2007. Aujourd’hui, lorsque j’ai appris les tragiques évènements survenus au Charlie Hebdo, je me suis répété la phrase de Richard Labbé au moins cent fois.

Comment peut-on en arriver là? Comment peut-on subir un tel sort pour s’être simplement exprimer? L’expression est le seul droit que nous ayons tous en commun. Si certaines personnes sont assez talentueuses pour s’exprimer avec des mots ou des coups de crayons, pourquoi les brimer?

C’est facile à dire en me faisant aller les doigts sur mon clavier mais, pourquoi ne pas régler les mots avec des mots et les dessins avec des dessins? L’être humain sera probablement toujours offensé par quelque chose. S’il est offusqué par des dessins, pourquoi ne pas répliquer par une toile? Pas par des coups de feu. Des beaux coups de pinceaux ou de crayons de qualité.

S’il est offusqué par des écrits alors, pourquoi ne pas répliquer par une lettre? Et je ne parle pas de menaces, bien évidement. Je parle de mots vrais. Je parle de belles paroles qui font réfléchir, comme celles de Richard Labbé.

Ça m’attriste profondément de voir ce qui se passe de l’autre côté de l’océan et ça me fait peur.

J’espère qu’un jour, on réussira à changer les choses pour de bon avec des mots.