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Mi-vingtaine, vivant dans une forêt enchantée sur la rive-nord de Montréal, mon bonheur se résume à écrire 24 heures par jour à l'aide d'un bon grand café latté. Mon premier livre a récemment été publié et j'en suis très fière. J'ai l'intention de remplir ces pages de tout et de rien parce que toute occasion est idéale pour écrire. J'ai deux petites merveilles de 2 et 3 ans, un magnifique Shih-Poo de 3 ans, ainsi qu'une machine à espresso Breville, qui me sert de défibrillateur.

Si jamais tu te demandes où je suis passée…

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Ça viendra, tu sais? Pour l’instant, c’est facile et c’est même agréable d’avoir deux maisons, deux chambres, deux salles de jeux. À l’âge que tu as, tu vis tellement le moment présent. Tu apprécies ce que tu as. Tu ne penses pas à ce que tu n’as pas.

Ton bonheur est étincelant de naïveté, c’est formidable.

J’aimerais te dire que ça restera ainsi. La vérité, c’est qu’on perd tous cette magie tôt ou tard, sans s’en rendre compte, en clignant des yeux. Mais, c’est correct, tout ça. En perdant cette naïveté, on découvre autre chose.

C’est certain que les questions naîtront un jour dans ton esprit. Le moment venu, j’espère que tu auras assez confiance en moi pour venir me les poser. Sois sans crainte : j’aurai assez confiance en toi pour te répondre.

Je sais que le jour viendra où tu te questionneras sur les choix que j’ai faits, les décisions que j’ai prises. S’il y a une chose que j’ai compris depuis ta naissance, c’est que ce qui doit arriver arrivera. C’est banal, mais c’est la base de tout.

J’ai toujours voulu ce qu’il y avait de mieux pour toi. En arrivant à une fourche, j’ai eu le choix de te faire vivre une séparation ou te faire subir la vie que je menais. J’ai choisi la séparation. À long terme, c’est ce qui te serait le plus bénéfique. C’était loin d’être mon premier choix, mais je m’étais promis de toujours penser à toi avant tout. Je commençais à me perdre dans un brouillard dense et interminable. En devenant malheureuse, je t’aurais aussi rendue malheureuse, toi, la petite éponge d’émotions que tu es.

Restes là, à mes côtés. Je profiterai de chaque petit moment avec toi. J’apprécierai les détails qui font toute la différence et je prendrai tes crises à la légère. Je partagerai tes rires et tes larmes, tes passions et tes drames.

Saches que je serai toujours là, même lorsque je n’y serai pas…

Appelle-moi, le soir, si tu ne t’endors pas. Je te parlerai. Je te chanterai ta chanson préférée. Je resterai là, à ton oreille, jusqu’à ce que tu dormes paisiblement.

Appelle-moi si tu passes une mauvaise journée à l’école. J’irai te chercher et on ira diner. Je t’écouterai parler, je ferai mon possible pour t’enlever ton malheur et te faire oublier ta peine.

Appelle-moi si tu manques de confiance en toi. Tu es pour moi la plus belle personne qui soit, la perfection même. Je ferai ce qu’il faut pour que tu le vois aussi.

Si jamais tu te demandes où je suis passée, lis ceci.

Je ne suis jamais vraiment partie. Je suis juste ici. Je te reviens toujours.

Un voyage alentour du soleil plus tard

A Lot Can Happen in a Year

Il y a tellement de choses qui peuvent arriver en une seule année, ça fait quasiment peur.

Je me suis fait bousculer par une avalanche d’évènements depuis quelques mois. J’avais envie d’écrire plus que tout, mais je ne savais plus comment m’y prendre.

Je retrouve tranquillement les mots pour remplir les pages blanches. Soyez sans crainte, l’attente en vaudra la peine.

En m’excusant de mon absence prolongée et mal justifiée, en vous remerciant tout de même de votre fidélité, j’irai souffler la bougie d’anniversaire du jour où j’ai décidé de devenir la personne que je rêvais d’être, tout en écoutant Louis-Jean Cormier.

Je vous reviens…

Funambule

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Je reviens tout juste d’une semaine au loin sans WiFi, sans LTE, sans télé; juste un faible 3G quand on est chanceux. Ça a fait du bien. On ne prend pas assez souvent le temps de prendre notre temps.

J’ai passé plusieurs heures à fixer l’eau. Elle m’aide énormément à me ressourcer. J’ai réalisé que j’avais beaucoup de chemin de fait depuis l’été dernier. J’ai réalisé que j’étais heureuse, que j’étais bien avec moi-même et que je m’aime, aussi.

Ça semble banal. Essayez-le tout de même. Allez face à un lac, une rivière, un fleuve ou, encore mieux, l’océan. Restez là quelques minutes sans téléphone, sans amis, sans livre ni musique et demandez-vous si vous êtes bien.

Ayant grandi au bord de l’eau et ayant vécu quelque temps sur la côte ouest, j’ai souvent fait l’exercice. La semaine dernière, ça a été positif pour la première fois.

J’ai réalisé que tout est une question d’équilibre. Le bonheur dépend de l’équilibre de nos priorités. On oublie facilement et trop souvent ce qui devrait être numéro un sur notre liste. On met de l’avant notre travail parce qu’il est payant et gratifiant et on en oublie notre famille, nos amis et nous-mêmes.

Ce qui est beau, avec la vie, c’est qu’elle balance le tout à sa façon.

Au cours de la dernière année, j’ai perdu des emplois, j’ai laissé tomber des projets sur lesquels je m’acharnais sans raison, j’ai « tassé » des gens de ma vie parce qu’ils étaient toxiques. À ce moment, j’étais dans une énorme tempête et je n’en voyais plus le bout.

Quand je repense à tout ça, je me dis que c’est absolument merveilleux. Je remercie même la vie de m’avoir noyée à ce point pendant aussi longtemps. Je n’ai jamais aussi bien nagé.

C’est là que l’équilibre embarque. C’est là que tout se balance et que la vie prend son sens.

C’est là qu’on devient la personne qu’on a toujours voulu être.

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Demain

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Il est 0h57 lorsque le responsable du stationnement intérieur ouvre la barrière afin de nous laisser sortir. La pluie qui tombe sur Côte-Ste-Catherine est particulièrement intense et empêche Victoria de voir la lune et les étoiles. Elle me demande constamment où elles se sont cachées. Je lui dis de fermer ses yeux : lorsqu’elle les ouvrira, elle verra le soleil et ce sera encore mieux!

Ce qui est difficile avec les hôpitaux, c’est que tu sais toujours quand tu y entres, mais tu ne sais jamais quand tu en ressortiras.

À 18h, en quittant pour la clinique, j’ai rempli ma sacoche de tout ce dont on pourrait avoir besoin pour une nuit. Je connais ma fille et je sais que le médecin nous enverra à l’hôpital. Encore sous antibiotiques suite à sa pneumonie, Victoria a tout de même beaucoup de difficulté à respirer. Sa peau enfonce dans ses côtes lorsqu’elle inspire et elle siffle énormément.

Après seulement quelques minutes à discuter et à scruter le dossier de Victoria, Dre. Anne Gosselin est d’avis qu’elle doit se rendre à l’urgence.

Victoria en est à sa dixième pneumonie depuis sa naissance, environ.  Elle a essayé toutes les pompes, tous les antibios, tous les traitements et c’est la deuxième fois en un an qu’on se rend d’urgence à Ste-Justine à cause de son taux d’oxygène trop bas dans son sang.

Ce qui est fascinant du CHU Ste-Justine, c’est le service offert. Son dossier à cet hôpital commence à être épais et avec la note du médecin de la clinique, Victoria se fait transférer en isolement respiratoire en maximum 5 minutes.

On voit trois infirmières,  une urgentologue, une médecin résidente et deux inhalothérapeutes. Ma grande fille a droit a un traitement-choc de Ventolin et d’une autre pompe blanche… Le traitement se termine à 23h. Le médecin doit nous laisser pendant une heure, afin de s’assurer que les poumons à Victoria peuvent reprendre le dessus par eux-mêmes.

Durant cette heure, je réalise que j’ai pensé à tout sauf à de la nourriture. La cafétéria étant fermée jusqu’à 00h30, on se nourrira de biscuits à l’avoine et chocolat… Victoria s’endort finalement après avoir bu son verre de lait apporté par l’infirmière très attentionnée.

Pendant que ma grande dort profondément à l’aide d’une respiration A1, que la pluie battante tombe contre la fenêtre de la chambre et que les minutes passent à une lenteur inimaginable, je me demande pourquoi des moments comme ceux-ci viennent avec le fait d’avoir des enfants. Quand j’ai décidé d’avoir des enfants, je voulais juste des enfants. Pas un package deal de stress avec.

Je suis pleinement consciente qu’il y a pire. Je ne suis pas obligée de laisser mon emploi pour être au chevet de mon enfant qui doit subir des traitements chaque semaine. Mais, comme tout est relatif, nous subissons tous des moments stressants dans ce genre. Je nous trouve bons et bonnes, nous, les papas et mamans, qui doivent accompagner nos enfants dans des situations comme celles-ci, en tentant de leur cacher notre angoisse du mieux qu’on le peut.

On ne se le cachera pas : c’est difficile, d’être parent. On embarque dans une montagne russe et on n’en débarque jamais, au fond. Et c’est correct, ça fait partie de la vie. Faut juste être capable de se lancer des fleurs parfois… De se dire qu’on est bons et que c’est grâce à nous, que notre enfant aura droit à un autre « demain ».

Faut aussi savoir se calmer et se dire que demain, justement,  c’est un autre jour…

À demain.

Corbeau

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Vous m’excuserez pour cette longue absence. Il y a maintenant trois grosses semaines, que j’essaie de mettre des mots sur mes émotions. Comme bien des choses : c’est souvent plus difficile que ça en a l’air.

J’imagine qu’on a tous notre façon de faire sortir nos émotions : certains courent quelques kilomètres, d’autres peignent. Moi, vous aurez compris, j’écris. Pour être en mesure d’écrire un texte qui me satisfait, j’ai besoin de musique. C’est essentiel.

Selon les émotions du moment, j’ai toujours une chanson qui vient se coller à ma peau, dans ma tête et sur mon coeur. Je me mets alors à écouter cette chanson en boucle jusqu’à épuisement de mon cerveau. La chanson, je n’ai jamais besoin de la chercher : c’est elle qui vient me trouver à chaque fois. Il y a trois semaines et des poussières, Corbeau, de Coeur de Pirate, est venue me trouver.

J’ai réalisé, dernièrement, la fragilité de la durée du bonheur. Je me suis rendue compte que dans l’équation du bonheur, ce ne sont pas les variables à l’intérieur de la parenthèse qui changent tout. Je parle là du travail, des relations, de la famille, de la vie sociale et autres. Ce qui change tout dans cette fameuse équation, ce qui fait en sorte que l’équation échoue beaucoup plus rapidement pour certains que pour d’autres, c’est la variable juste devant la parenthèse; celle qui représente le temps.

C’est facile de tout avoir pour être heureux. Ce qui est difficile, c’est de le rester.

Il y a des personnes (et chanceuses sont-elles), qui règlent le tout très tôt dans leur vie en mettant ceci devant la fameuse parenthèse : ∞ . Problem solved : ces gens sont, tout simplement, toujours heureux! D’autres passeront leur vie avec un gros X rouge parce qu’ils ne veulent rien savoir du bonheur.

La plupart d’entre nous auront besoin de réajuster la variable à plusieurs reprises. C’est tellement difficile de trouver celle qui convient à notre équation. Parce qu’on ne sait jamais si l’équation fonctionnera jusqu’à ce qu’elle échoue.

Je n’avais pas envie de vous écrire un texte lourd mais bon, me voici. C’est peut-être le fait que je n’ai jamais été douée en maths, c’est peut-être le fait que je n’ai vraisemblablement pas le bonheur facile… Ou peut-être ce bonheur est-il simplement trop fragile…

Bref, j’écoute encore Corbeau en boucle. Faut croire que je n’ai toujours pas trouvé ces fameux mots à mettre sur mes émotions. Je serai peut-être plus inspirée après les Oliviers.