Partir pour mieux revenir

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We didn’t realize we were making memories. We just knew we were having fun.

J’y ai longtemps pensé, mais le timing n’était jamais bon, l’endroit n’était jamais celui que je voulais. Bref, je ne le feelais pas.

Ça faisait particulièrement longtemps que j’avais envie de prendre mes deux enfants, mes deux amours, mes deux batteries de rechange, loin d’ici, avec moi. Depuis plusieurs années, je rêvais de les prendre et fuir pour mieux réfléchir.

Je l’ai finalement fait. J’ai compris que nous devions partir pour mieux revenir.

Nous sommes parties avec mon bras droit, mon pilier des derniers mois, ainsi qu’une valise remplie de pensées et préoccupations dont je voulais me départir.

J’ai décidé d’éparpiller tous mes soucis petit à petit, entre Mirabel et la Virginie.
La 87 est une autoroute tellement ennuyante, qu’elle permet de réfléchir aux choses auxquelles on croyait avoir déjà réfléchit.

J’ai pris mon temps au Delaware et en Virginie pour me ressourcer de rêves, d’ambitions, de vitamine D et de petits bonheurs que la vie peut apporter. J’ai laissé le stress et le négatif un peu partout entre East Brunswick et Newark.

Tout ça m’a permis de me rappeler que même l’océan, après une tempête, parvient à redevenir calme et serein.
Si vous aviez vu l’arc-en-ciel que j’ai vu sur le chemin du retour, d’ailleurs. Après la pluie, le beau temps?

Si jamais tu te demandes où je suis passée…

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Ça viendra, tu sais? Pour l’instant, c’est facile et c’est même agréable d’avoir deux maisons, deux chambres, deux salles de jeux. À l’âge que tu as, tu vis tellement le moment présent. Tu apprécies ce que tu as. Tu ne penses pas à ce que tu n’as pas.

Ton bonheur est étincelant de naïveté, c’est formidable.

J’aimerais te dire que ça restera ainsi. La vérité, c’est qu’on perd tous cette magie tôt ou tard, sans s’en rendre compte, en clignant des yeux. Mais, c’est correct, tout ça. En perdant cette naïveté, on découvre autre chose.

C’est certain que les questions naîtront un jour dans ton esprit. Le moment venu, j’espère que tu auras assez confiance en moi pour venir me les poser. Sois sans crainte : j’aurai assez confiance en toi pour te répondre.

Je sais que le jour viendra où tu te questionneras sur les choix que j’ai faits, les décisions que j’ai prises. S’il y a une chose que j’ai compris depuis ta naissance, c’est que ce qui doit arriver arrivera. C’est banal, mais c’est la base de tout.

J’ai toujours voulu ce qu’il y avait de mieux pour toi. En arrivant à une fourche, j’ai eu le choix de te faire vivre une séparation ou te faire subir la vie que je menais. J’ai choisi la séparation. À long terme, c’est ce qui te serait le plus bénéfique. C’était loin d’être mon premier choix, mais je m’étais promis de toujours penser à toi avant tout. Je commençais à me perdre dans un brouillard dense et interminable. En devenant malheureuse, je t’aurais aussi rendue malheureuse, toi, la petite éponge d’émotions que tu es.

Restes là, à mes côtés. Je profiterai de chaque petit moment avec toi. J’apprécierai les détails qui font toute la différence et je prendrai tes crises à la légère. Je partagerai tes rires et tes larmes, tes passions et tes drames.

Saches que je serai toujours là, même lorsque je n’y serai pas…

Appelle-moi, le soir, si tu ne t’endors pas. Je te parlerai. Je te chanterai ta chanson préférée. Je resterai là, à ton oreille, jusqu’à ce que tu dormes paisiblement.

Appelle-moi si tu passes une mauvaise journée à l’école. J’irai te chercher et on ira diner. Je t’écouterai parler, je ferai mon possible pour t’enlever ton malheur et te faire oublier ta peine.

Appelle-moi si tu manques de confiance en toi. Tu es pour moi la plus belle personne qui soit, la perfection même. Je ferai ce qu’il faut pour que tu le vois aussi.

Si jamais tu te demandes où je suis passée, lis ceci.

Je ne suis jamais vraiment partie. Je suis juste ici. Je te reviens toujours.