La force d’un lien

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Ça fait quand même deux ans et des poussières, que je ne suis plus enceinte de ma princesse Sofia, ainsi que trois ans et deux mois que je ne porte plus ma reine Victoria. Je reste tout de même fascinée par le lien qu’une mère peut créer avec son enfant en l’ayant en elle et l’influence qu’elle peut avoir sur lui/elle.

Je parle, bien entendu, par expérience…

Lors de ma première grossesse, j’ai dû arrêter de travailler durant un mois au début du deuxième trimestre (donc entre quatre et cinq mois). Je trouvais souvent le temps long, mais j’aimais me réfugier dans un bon film. Corpse Bride revenait régulièrement à l’affiche, dans mon salon. Durant ce mois, je l’ai probablement regardé plus de dix fois. J’avais toujours envie de le voir et je ne m’en lassais pas. Pendant le solo de piano de Victor, au début, je fermais mes yeux pour profiter pleinement de cette belle musique.

(Regardez la vidéo de cette scène sur YouTube. Qu’on aime le piano ou non, c’est merveilleux : https://www.youtube.com/watch?v=yOCZ5K1vxCQ)

À 20 semaines, j’ai appris que j’avais une petite fille en moi. Ce fût immédiat : elle allait s’appeler Victoria, comme dans Corpse Bride.

Ma folie pour mon film macabre s’est estompée puis, alors que Victoria avait quatorze mois, que nous étions seules à la maison et qu’il faisait bien trop froid dehors pour aller jouer, j’ai fait jouer mon film. Dans son pyjama à pattes jaunes avec des singes, ma petite reine a écouté ce film au complet pour la première fois sans bouger une seule seconde.

Au fil du temps, bien que je n’aime pas qu’elle regarde trop la télévision, ce qui était autrefois mon film est devenu son film. Quand je veux lui faire plaisir ou que je veux avoir un peu de tranquillité, je fais jouer Corpse Bride. Elle l’appelle « mon film avec le piano ». Sa soeur l’appelle « le film à ma soeur ». Je ne sais pas si ce sont les images, les couleurs, la musique ou les chansons, mais elle est absolument obnubilée. En plus, elle est très contente de savoir qu’une belle madame s’appelle Victoria, comme elle. Ce que j’aime le plus dans toute cette coïncidence, c’est qu’elle est d’elle même tombé en amour avec ce chef d’oeuvre de Tim Burton. J’aurais pensé qu’elle aurait eu le coup de foudre pour Le roi lion ou La petite sirène, bien avant un film dans lequel un homme épouse une femme morte.

Mais, vous savez le plus beau là-dedans? C’est que lorsqu’elle est devant son film et que le fameux solo de piano commence, tout semble disparaître autour d’elle. Je la sens transportée par chaque note.

Même que, parfois, pendant cette minute et demie, je la vois fermer les yeux et s’abandonner au son de la musique…